Une berceuse nommée Inter

Logo_France_inter_1978quand-jean-louis-foulquier-se-souvenait-de-ses-annees-france-inter,M135137France Inter a 50 ans. Un de ses enfants, Jean-Louis Foulquier, est décédé mardi dernier à 70 piges. Une voix et un timbre reconnaissables parmis des milliers d’autres. Comme celles et ceux de José Arthur, Noëlle Breham, Pierre Bouteiller, Criss, Marcel Julian, Patricia Martin, Ivan Levaï, Eve RuggieriClaude Villers, Pierre Desproges et Luis Régo, Rebecca Manzoni, Michel Polac, Patrice Bertin, Macha BérangerPierre Weil, Denis Astagneau, Gilbert Sans-titre-1Denoyan,  Jean-Luc Hess ou Frédéric Lodéon..et tant d’autres que j’oublie…volontairement ou pas !! C’est un patchwork de tessitures, de personnalités et d’humeurs…qu’on écoute en semaine ou le week-end à toute heure du jour comme de la nuit. Un rendez-vous (une communion pour certains) quotidien ou hebdomadaire. On va à safe_image.phpla messe comme on écoute le fleuron de Radio-France. Et ce depuis 50 ans…et pour beaucoup de monde (dont ma mère !). Bref, une institution voir une religion. J’en ai passé INTER_1988_ton_dessus_dimanchedes gouters , des dîners ou p’tits déj à table avec le transistor en fond sonore à écouter « Pollen », « Le Masque et la plume » ou « L’oreille en coin ». » Ecoutez la différence » ou « La voix est libre » disaient les slogans entendus sur l’antenne ou vus dan le métro. J’m’en suis gavé des interviews du matin de politicards endormis, des « Jeux des Mille Francs » présentés par Lucien Jeunesse (« CheeEErs ammMMiiIISS…BONjouUUr !! ») en direct de la Motte-505037646beuvron, ou encore une « Radioscopie » de Chancel qui questionne Georges Esprit-France-Inter-es-tu-la_article_mainMarchais sur « …et Dieu dans tout ça ? ». Un ton, une insolence, un repaire de gauchistes pour beaucoup, de la pertinence grâce à Claude Villers et son « Tribunal des flagrands délires », à Desproges et ses « Chroniques de la haine ordinaire », au « Pop Club » de José Arthur capable de « tenir l’antenne » le temps que son invité arrive.

432768-la-bande-de-france-inter-autour-du-boss-637x0-1Beaucoup d’esprits libres, cultivés et parfois « casse-couilles »,ouverts aux autres (à eux-mêmes) et au monde (« …wouaaaaAAAhhHHH… »), fiers de défendre une radio fi_bern_2007plurielle et tolérante mais « se prenant parfois le chou et voulant donner des leçons aux auditeurs et à l’univers » comme Stéphane Paoli, Pascale Logo_France_inter_1967ClarkDaniel Mermet ou Nicolas Demorand Thierry-Le-Luron-En-89-je-partirai-a-la-conquete-de-l-Amerique_article_landscape_pm_v8aux égos sur-dimensionnés ! France-Inter est un style, une école pour 2973 Mourousi Actualités magazine 1979 photo Picardbeaucoup: Elkabbach, Mourousi, PPDA et tant d’autres y ont fait leurs premières armes (même Thierry Le Luron y a sévit une saison le samedi à 9h !). On y est nettement moins bien payés qu’à Europe 1 ou à RTL mais on y 1-radio-france-inter-hees_460reste pour sa convivialité et son esprit libertaire. J’ai lui faire souvent des infidélités, j’y reviens toujours préférant les programmes du week-end (le 6719324-france-inter-50-ans-d-antenne-et-quelques-rides« 7h-9h » dont la revue de presse d’Ivan Levaï), Rebecca Manzoni, l’émission culinaire à 11h de François-Régis Gaudry  à ceux de la semaine exceptés les « 5h-7h », ob_520e67_3396553-foulquier-deces2-640x280« 7h-19h » de Patrick Cohen, le 13h de Claire Servajean, le « Carrefour de Lodéon » de Frédéric (du même nom). A vos prochaines cinquante années, Madame, et salut Jean-Louis !!!

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Les 80 ans de Guy Bedos

Salut les loulous,

Guy Bedos a  80 printemps aujourd’hui (15 juin 2014). Retour sur la carrière du comédien-humoriste/show-man qui a fait ses adieux au music-hall le 23 décembre dernier sur la scène de l’Olympia (après deux ans de tournée avec son spectacle « Rideau ! »). On n’y croyez pas quand il l’a annonçé: « Je ne veux pas faire le spectacle de trop… ». Je n’ai pas souhaité y aller. M’imaginer que je ne le reverrai plus me rend triste et « tout chose ». Ma première à moi fut en janvier 1987 sur la scène lilloise du théâtre Sébastopol lors de sa tournée triomphale du

1471215_10152052761657299_1660661643_n7768209491_guy-bedos-devant-l-olympia-avant-sa-derniere-representation-le-23-decembre-2013Cirque d’Hiver. Un choc et un vrai panard !! Adieu l’artiste donc, bien qu’il soit en pleine forme . Guy Bedos n’arrête pas pour autant la scène (« j’ai un projet de pièce ») ni le cinéma (« y’a des films qui clignotent…dont un en Algérie avec mon copain Fellag. « )  mais le one-man-show, la revue de presse, les sketches au débit de mitraillette…basta. Terminato. Rideau !

Durant 90 minutes, Guy Bedos sautille, bondit, s’excite, s’énerve, prenant un malin plaisir « à jouer avec son public « . Et puis, et puis…le revue de presse !!…ahaha la fameuse, l’incontournable sortie de fiches de la poche de sa veste ! C’est vrai qu’en cette année de campagne présidentielle, Guy Bedos, rentré à nouveau en Résistance le soir du 6 mai 2007 (après le septennat de Giscard), a une revanche à prendre sur Tom Pouce et compte bien, à sa modeste façon, faire chuter le nabot de l’Elysée. On frise parfois, durant le spectacle, le meeting politique ! Rassurez-vous, Martine Aubry, Fabius, Chevénement et DSK (juste ce qu’il faut) en ont pour leurs grades (plus le gouvernement au grand complet !).

Commençée au théâtre, en 1951, au côté de son « frère » Bébel, la carrière de Guy Bedos bifurquera vers le music-hall en 1965, en co-vedette aux côtés  de Barbara à Bobino, avec sa compagne et partenaire de l’époque, la belle et rigolote Sophie Daumier. Après leur séparation, Bedos va mettre au point un style de spectacle mêlant sketches et commentaires sur l’actualité politique et sociétale. Pour Jamel Debbouze, Gad Elmaleh, il est le premier « performer » français , en quelque sorte l’importateur officiel du « stand-up » en France. Stéphane Guillon et Christophe Alévêque  le considèrent comme leur « Godfather »  (amen !). Dire que celui qui a « écouté » les premiers sketches de Bedos en lui suggérant des commentaires et suggestions s’appelait Raymond Devos et que certains critiques ont cherché à les opposer alors qu’ils ont un style pour le coup on ne peut différent !! Bedos a connu de nombreux chagrins en perdant son autre « frère », Pierre Desproges ainsi que ses potes Coluche et Thierry Le Luron et dernièrement Sophie Daumier. Très entouré par ses enfants (Leslie, Victoria et Nicolas), l’homme a des l’humanité et de la générosité envers son public (qui le lui rend bien) et se considère de « la gauche couscous ».

Bref, j’aime Guy Bedos. L’ai vu huit fois en spectacle et 2 fois au théâtre (dont l’excellente pièce de Bertolt Brecht, « L’irrésistible ascension d’Arturo Ui », montée par Jérôme Savary en 1993 à Chaillot). C’est annonçé comme ses adieux au music-hall mais comme le dit si justement son vieux complice Jean-Loup Dabadie, « tu sais Guy, après le rideau, il y a les rappels ! ». Je vous embrasse Monsieur Bedos et Joyeux Anniversaire.