un piano nommé Legrand

Michel-Legrand_imagelargeMichel Legrand a eu 80 balais le 24 février 2012 . Il est pour cette occasion en tournée mondiale, débutée en janvier dernier au théâtre du Châtelet. Dans tous les modes: en trio ou avec un orchestre symphonique ou un big-band, seul ou avec Nathalie 10691Dessay (le duo est sur les routes françaises ce mois-çi). Mardi soir dernier (le 4 donc), Legrand a donné au Palais des Congrès à Michel-legrand-concertParis, un concert « Spécial Cinéma » accompagné de l’orchestre Lamouerux (70 musiciens) et de très nombreux invités (re-24E MUSIQUES AU COEURNathalie Dessay, le pianiste Eric Berhold, la harpiste et épouse Catherine Michel….), j’y étais et ce fut fabuleux. 2h15 de musique, de plaisir, de découvertes (le film d’animation sur Picasso jamais sorti). Le principe: une demy-jacques-02-gtranche de Jacques Demy (« Les Demoiselles de Rochefort », « Les Parapluies de jpg_600x596_Peau_d_ane_-_Michel_Legrand.jpgCherbourg », « Peau d’Ane »); de Jean-Paul michel-legrand-bandes-originales-des-films-de-jean-paul-rappeneau-108427026Rappeneau (« La vie de château », « Les Mariés de l’an II », « Le Sauvage »); d’un hommage à sa soeur Christiane Legrand ( disparue 4xxymb0_news624en 2011); de « Yentl » de Barbra Streisand (par Catherine Michel Partir_revenirà la IMGP2119harpe));                             de Claude Lelouch (le concerto pour piano à la manière de Rachmaninov pour le film « Partir, Revenir » avec le pianiste Erik Berchot); les 3 films avec Steve McQueen (son grand pote…« L’affaire Thomas Crown », « Le Mans », « The Hunter ») le tout en images 604812accompagné par l’orchestre dirigé par el maestro ! Du bonheur !! Plus des chansons (pour Nougaro ou Nana Mouskouri) chantées par Nathalie Dessay, un peu de jazz pur en quintet (le morceau « Fast food » en hommage à la 401667_10151266793617299_1541710205_ncuisine française…) et Varda, Rappenau et Lelouch dans la salle acclamés par le public. Legrand jubilait, était souvent ému, nous a présenté un large éventail de ses nombreux talents: n’oublions pas qu’il michel10compose, Michel Legrand legrandjazz columbia 1958orchestre et arrange pour TOUS les instruments. C’est michelphoto2aussi et bien sûr un grand mélodiste et un magnifique pianiste. Bon quand il chante (et il l’a fait !), il en MICHEL-LEGRAND-_-SACHA-20-02-71-agace plus d’un (pas moi car ça me fait rire !). Legrand a michelphoto6travaillé-composé-chanté pour/avec Miles Davis, Sarah MI0001351741Vaughan, Stéphane Grappelli, Nougaro, Tony Bennett (son très très grand ami), Barbra 115406175Streisand, Jamie Cullum ou Sacha Distel. Il a même fait un James Bond 0001034700_350(« Never say never again »7740410585_tony-bennett-en-duo-avec-laurent-gerra-dans-le-grand-studio-rtl1983) et composé le célèbre jingle de la radio RTL !!

Depuis des dizaines d’années, il arpente aussi bien les scènes d’Amérique du flyer_legran_engNord, russes, japonaises, anglaises ou israéliennes (il a l’autorisation d’emmener avec lui son petit piano muet dans les avions). Carrière michelphoto1foisonnante et éclectique, son
inspiration IMGP1797et sa curiosité paraissent infinis et on se dit qu’il n’y a pas de raison que Michel Legrand ne continue pas à accompagner notre quotidien et nos vies. Merci mille fois encore pour ce concert exceptionnel et j’espère qu’elle sera longue à mourir votre jeunesse.3111993661_1_2_y7yUul0cb_28271_Michel_Legrand___Stephane_Grappelli-Douce_France-1996tendrevoyouMichelLegrand-Parapluies

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la rue Champollion

Salut les kids,

C’est ma rue à moi, nichée dans le quartier Latin, Paris 5ème, entre le boul’Mich, la Sorbonne et le rue des Ecoles. Elle se nomme la rue Champollion où se trouvent trois cinémas, 7 écrans en tout: le Champo, le Reflet-Médécis et la Filmothèque du Quartier Latin. Des cinoches comme Eddy « schmoll » Mitchell les chante dans les chansons , »La Dernière Séance » ou « Nashville ou Belleville ». Un cinéma de quartier, des néons, des fauteuils rouges ou bleus, un projecteur qui crépite, un retardataire qui fait lever tout le monde et dont sa silhouette se dessine sur l’écran. Le Champo, inauguré le 22 juin 1938, a failli fermer ses portes, il y a une dizaine d’année, because le propriétaire des murs voulait en faire une énième franchise d’une marque de prêt-à-porter. Ouf, mobilisation des spectateurs (120.000 entrées en moyenne au Champo) et des politiques, pétitions en kilos. L’originalité et la petitesse de la salle n°1 (à droite de la caisse) font que de la cabine située au-dessus de l’écran, un périscope envoie l’image sur un premier puis un second miroir, qui la renvoie sur l’écran: c’est le fameux « rétro-réflex » (c’est dingue, non ?!?). Grâce à ce procédé, le cinéma a été classé « monument historique » et donc intouchable ! Tout simplement. Déjà que le quartier a vu fermer quelques unes de ses salles dont « Le Cluny-Palace » (sublime salle où a été tournée une scène de « La Boum » de Claude Pinoteau). C’est donc une espèce « en voie d’extinction » qu’est le cinéma de quartier. Il y a le « Studio 28 » à Montmartre ou le Mac-Mahon sur l’avenue du même nom et probablement quelques dizaines d’autres en province (mais guère plus, je pense !). Outre être classés « art & essais », le Champo et la Filmothèque programment le cinéma « de répertoire et du patrimoine »: le cinéma italien (Visconti, Dino Risi, Pietro Germi, Commencini, Ettore Scola…), le cinéma anglais et américain (de Joseph Losey à Sydney Pollack, en passant par Hitchcock, Fritz Lang ou un Paul Newman ou un Steve Mc Queen) ou français (Renoir, Chabrol, Godard, Rohmer, Duvivier ou Autant-Lara…). Le Reflet est, lui, plus dans l’actualité en programmant de nombreux documentaires: « Le Président » d’Yves Jeuland récemment ou le documentaire sur Polanski, « Wanted and desire ». Les exploitants résistent, ont un public (La Filmothèque a gagné 6% de spectateurs en 2010), laissent les films à l’affiche plusieurs semaines, ont un souci de l’accueil du public et de la qualité de la projection, investissent dans les copies neuves.Les affiches originelles trônent sur les murs. Cela rappelle l’émission de Schmoll sur FR3 (« La dernière séance »), une jolie brune ou blonde, dans un saloon, situé dans un désert de western…le tout évidemment en technicolor. Chabadadabadaba…/c’était la dernière séquence/c’était la dernière séance/et le rideau sur l’écran est tombé/. Vive le cinéma ! BÔN-SOIR !!!