Jérôme Savary le saltimbanque


jerome-savary-et-le-grand-magic-circus-presentent-good-bye-mister-freudsavary-Il est des morts qui attristent plus que d’autres. Celle de Jérôme Savary, vaincu par « le crabe » hier soir à 70 ans, me touche et me fait mal. Il faisait parti de mon jardin, de ma « cage aux souvenirs » (titre des mémoires de Pierre donjuan-savary270Mondy) personnelle. J’ai été berçé, nourri, biberonné à ses spectacles. La première fois, ce fut pour une représentation du « Bourgeois Gentilhomme » joué et mis en scène par lui même avec sa troupe de déjantés, « Le Grand Magic Circus ». Un joyeux bordel avec des nichons à l’air, des téléphones (avec cadrans et fils), des acteurs portant jeans et baskets, accompagné de jazz et tant d’autres fantaisies dépoussiérant et « malmenant » le texte génial de Molière. C’était en 1981 au Théâtre de l’Est Parisien. Je crois que « c’était ma première fois ». J’en sortis enchanté et me suis dit que « le MÖssieur qui GrandMagicCircusjouait sur scène » était bien rigolo et ne se prenait pas au sérieux. Il y avait une telle gaité, un amour communicatif très fort de la scène  que cela faisait un cockail « de vie, de joie et de plaisir » qui était réellement galvanisant .Il faut dire que les gouts de Savary sont éclectiques: Molière; Roland Topor, Arrabal, Shakespeare, Copi, Pagnol, Alphonse Daudet, les bandes dessinées de son pote Gotlib mais aussi Charles Trénet, Higelin ou Gainsbourg; le Duke jaq-yadlajoie(Ellington); Eddy (Mitchell qu’il mis en scène au Palais des Sports en 1984); Henri Salvador (avec qui il joua de la trompette sur la chanson « Ma trompette d’occasion » dans une émission de Sebastien !) mais encore ??? Edmond Rostand, l’opérette; Offenbach (« La 3698675112_b914bfbe02_zPérichole »; « La Vie Parisienne »…)à donf !!!…mais aussi l’opéra (à Milan; Genève…) ou « Cabaret » de Bob Fosse qu’il a monté 2 fois au théâtre Mogador cabaretavec son fidèle collaborateur-créateur de costumes, Michel Dussarat, dans le rôle du Monsieur Loyal aux côtés d’Ute Lemper (1986-1987) et cabaret95quelques années plus tard (1996) avec Dee Dee Bridgewater et Marc Lavoine. Il aimait le music-hall, le théâtre, le jazz, la chanson française (il chantait très bien « Le piano de la plage » de Trenet) l’opérette, l’opéra-bouffe ou le lyrique. Comme le dit Michel Galabru (qui a joué « La Femme du Boulanger » et récemment sur France 2 en direct « Tartarin de Tarascon ») dans les interviews depuis ce Jérôme-Savarymatin, « il y avait une patte Savary. On savait tout de suite que l’on était dans son univers ». Taulier donc du « Grand Magic Circus » dés 1965, directeur du Centre Dramatique de Montpellier, puis de celui du Théâtre du Huitième à Lyon, nommé en 1988 (et reconduit jusqu’en 2000) à 250px-Théâtre_national_de_Chaillotla tête du bedos-quot-arturo-ui-quot_5305n_255agkThéâtre National de Chaillot où il redonna « corps, force et vie » dans ce lieu sublime, rendant hommage au théâtre populaire si cher à Jean Vilar: j’y ai vu Guy Bedos dans eGZjeTYxMTI=_o_bedos-arturo-ui« L’Irresistible Ascension d’Arturo Ui » de 859652_10151543112792329_1323247150_oBrecht; « La Mégère apprivoisée »: « D’Artagnan » sur un livret de Jean-Loup Dabadie, mais aussi Claude Bolling revisitant, avec Manu Dibango« , « A drum is a woman » de Ellington. Sans oublier « Chanteclerc » de Rostand  avec Jean-Claude Dreyfus. Accompagné rituellement d’un accueil Savarychaleureux quand on descendait l’immense escalier donnant sur le hall avec la sublime baie vitrée croquant la Tour Eiffel, où des musiciens jouaient du jazz et des jolies filles vous proposaient du mistinguettpif ou du opera_comiquechamp…toujours très joyeux. Le couvert fut remis de 2000 à 2007 à la tête de l’Opéra-Comique qui était tombé en quasi désuétude. Cela lui a permis de faire de l’opéra-bouffe et $T2eC16VHJIkE9qU3kI0hBQDZUwKHHw~~60_35de la comédie musicale dont une sur « Mistinguett » avec Liliane Montevecchi et une autre sur « Joséphine Baker ».

!C!yLWJgBGk~$(KGrHqYOKiIEzT6vcmOOBNEh(BoDtg~~_35Plus de 340 ? 360 ? spectacles depuis le début des années 60. Certains montés « à-la-va-vite » et donnant du coup un résultat « baclé » diront les critiques. Pas faux mais avec toujours de l’enthousiasme, un sens du rythme inné avec débauche d’accessoires et de gags viedartistevisuels masquant parfois c’est vrai, un livret léger, simple voir simpliste. Il était comme ça le père Jérôme, 155106_cyrano-de-bergerac-paris-09s’emballant comme un petit garçon pour un acteur dans un rôle du répertoire (Jacques Weber pour « Cyrano » qui le joua 3 ans je crois, perdant une partie de sa voix qu’il ne retrouvera jamais réellement), Bernard savary_1Haller pour « Frégoli »;,Christophe Malavoy chez Alexandre Dumas, Alice Sapritch, Galabru et photos-culture-cinema-Jacques-Weber-Jacques-WeberBedos cités plus haut…) et négligeant parfois l’écriture et/ou l’adaptation. C’était un véritable homme orchestre à la tête d’une troupe de paris-frou-frousaltimbanques qui se déplaçait de ville-en-ville en
le_depart_de_savary_a_l_opera_comique_referenceroulottes, jouant chaque soir puis ripaillant (et baisant aussi) jusqu’à plus soif  et plus d’heure ! Il était paraît-il colérique mais très généreux, probablement « un peu anar »  mais sachant séduire et travailler avec les institutions, élevé aux courants libertaires des années 60 annonçant déjà un mai 68 de folie !! Salut l’artiste !! Je te tire mon don-quichotte-contre-ange-bleu-fwchapeau et te souhaite une nouvelle vie pleine de joie et de rires auprès de tes potes !!

en vrac 94

Bongorno evreybody,

« en vrac » trace sa route, taille sa zone, sans peur et sans reproches.

Le chauffard des mers, l’irresponsable, ! le lâche ! le trouillard ! Tel est affublé le commandant de bord, Francesco Schettino, du paquebot de croisière, « Le Costa Concordia », suite à son naufrage, le 13 janvier dernier,  près de l’île du Giglio (en Toscane) . Rappel que le dernier  bilan s’élève à, au moins, douze morts et vingt disparus, parmi les plus de 4 200 passagers et membres d’équipage. Cette fois-çi, ce n’est pas un iceberg mais un rocher qui a fait chavirer le paquebot, tout ça pour faire plaisir à quelques clients et habitants de l’île, émerveillés par le spectacle féérique, que donne le pavillon éclairé la nuit. Et voilà qu’un marin (parait-il chevronné) prend des risques , en « faisant le coq ». De plus, il s’est enfuit et n’a pas eu le courage de coordonner l’évacuation des passagers et du personnel malgré les ordres de la capitainerie. C’est criminel !!!…et on ne parle pas des conséquences écologiques !

« Omar m’a tuer », le film de Roschdy Zem, représentera le Maroc aux Oscars. Toutes mes félicitations !

François Morel est un digne représentant de la famille des interprètes du Monsieur Jourdain du « Bourgeois Gentilhomme » de Molière, avec une interprétation très burlesque et fantaisite. A rendre jaloux les Jean Le Poulain, Michel Galabru, Michel Serrault ou Jérôme Savary avec son Grand Magic Circus. Au théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris, jusqu’à fin mai.

Etta James et Johnny Otis nous ont quitté cette semaine…snif.

Arturo Brachetti…nouveau Frégoli.

Salut les loulous,

Arturo Brachetti est un phénomène sur scène. Un vrai transformiste comme l’était Leopoldo Frégoli (comédien italien du 19 ème qui se changeait  à la vitesse d’un supersonic ! »). Dans son spectacle « Arturo fait son cinéma », Brachetti campe 80 personnages en 1h1/2 (dont 25 avec le même chapeau qu’il triture dans tous les sens). D’Errol Flynn au capitaine Fracasse, d’Olivia de Havilland du« Autant en emporte le vent », à Ingrid Bergman et Humphrey Bogart du « Casablanca » à Federico Fellini et Giulietta Massina, en passant par Johnny Deep du « Pirate des Caraïbes » à
Tati, Charlot ou le Frankenstein de Mel Brooks. C’est de la bombe ! Il nous fait rêver et rire par son amour et ses hommages aux grandes figures du cinéma mondial. Parfaitement bilingue (il a la même voix que Roberto Benigni), il rend donc aussi hommage à Frégoli qui fut le premier à mettre au poing cet exercice/performance théâtral (appelé aussi le frégolisme) où les costumes sont, pour certains, à plusieurs couches et préts à être enfilés à toute berzingue. Jérôme Savary avait rendu hommage au gaggio à travers la fantaisie de Bernard Haller. Si Arturo Brachetti passe dans votre ville, je vous le recommande les yeux fermés, que vous ayez 7, 15, 30 ou 77 ans.