Les 80 ans de Guy Bedos

Salut les loulous,

Guy Bedos a  80 printemps aujourd’hui (15 juin 2014). Retour sur la carrière du comédien-humoriste/show-man qui a fait ses adieux au music-hall le 23 décembre dernier sur la scène de l’Olympia (après deux ans de tournée avec son spectacle « Rideau ! »). On n’y croyez pas quand il l’a annonçé: « Je ne veux pas faire le spectacle de trop… ». Je n’ai pas souhaité y aller. M’imaginer que je ne le reverrai plus me rend triste et « tout chose ». Ma première à moi fut en janvier 1987 sur la scène lilloise du théâtre Sébastopol lors de sa tournée triomphale du

1471215_10152052761657299_1660661643_n7768209491_guy-bedos-devant-l-olympia-avant-sa-derniere-representation-le-23-decembre-2013Cirque d’Hiver. Un choc et un vrai panard !! Adieu l’artiste donc, bien qu’il soit en pleine forme . Guy Bedos n’arrête pas pour autant la scène (« j’ai un projet de pièce ») ni le cinéma (« y’a des films qui clignotent…dont un en Algérie avec mon copain Fellag. « )  mais le one-man-show, la revue de presse, les sketches au débit de mitraillette…basta. Terminato. Rideau !

Durant 90 minutes, Guy Bedos sautille, bondit, s’excite, s’énerve, prenant un malin plaisir « à jouer avec son public « . Et puis, et puis…le revue de presse !!…ahaha la fameuse, l’incontournable sortie de fiches de la poche de sa veste ! C’est vrai qu’en cette année de campagne présidentielle, Guy Bedos, rentré à nouveau en Résistance le soir du 6 mai 2007 (après le septennat de Giscard), a une revanche à prendre sur Tom Pouce et compte bien, à sa modeste façon, faire chuter le nabot de l’Elysée. On frise parfois, durant le spectacle, le meeting politique ! Rassurez-vous, Martine Aubry, Fabius, Chevénement et DSK (juste ce qu’il faut) en ont pour leurs grades (plus le gouvernement au grand complet !).

Commençée au théâtre, en 1951, au côté de son « frère » Bébel, la carrière de Guy Bedos bifurquera vers le music-hall en 1965, en co-vedette aux côtés  de Barbara à Bobino, avec sa compagne et partenaire de l’époque, la belle et rigolote Sophie Daumier. Après leur séparation, Bedos va mettre au point un style de spectacle mêlant sketches et commentaires sur l’actualité politique et sociétale. Pour Jamel Debbouze, Gad Elmaleh, il est le premier « performer » français , en quelque sorte l’importateur officiel du « stand-up » en France. Stéphane Guillon et Christophe Alévêque  le considèrent comme leur « Godfather »  (amen !). Dire que celui qui a « écouté » les premiers sketches de Bedos en lui suggérant des commentaires et suggestions s’appelait Raymond Devos et que certains critiques ont cherché à les opposer alors qu’ils ont un style pour le coup on ne peut différent !! Bedos a connu de nombreux chagrins en perdant son autre « frère », Pierre Desproges ainsi que ses potes Coluche et Thierry Le Luron et dernièrement Sophie Daumier. Très entouré par ses enfants (Leslie, Victoria et Nicolas), l’homme a des l’humanité et de la générosité envers son public (qui le lui rend bien) et se considère de « la gauche couscous ».

Bref, j’aime Guy Bedos. L’ai vu huit fois en spectacle et 2 fois au théâtre (dont l’excellente pièce de Bertolt Brecht, « L’irrésistible ascension d’Arturo Ui », montée par Jérôme Savary en 1993 à Chaillot). C’est annonçé comme ses adieux au music-hall mais comme le dit si justement son vieux complice Jean-Loup Dabadie, « tu sais Guy, après le rideau, il y a les rappels ! ». Je vous embrasse Monsieur Bedos et Joyeux Anniversaire.