HOMMAGE A PIERRE BOUTEILLER : « si bémol et fa dièse »

Coucou toi,

Ils travaillent souvent dans l’ombre et peuvent être le ‘frère » du réalisateur. Certains sont dans la lumière et populaires, d’autres sont méconnus du public et préfèrent le rester. Ce qui est sûr dans tous les cas, c’est que leurs musiques font souvent partie de nos quotidiens.

Pour les admirateurs de Georges Delerue, un coffret « Le Cinéma de Georges Delerue »,comprenant la musique de ses longs-métrages de 1962 à 1992, de des courts-métrages de 1961 à 1990 et de ses films de télévision, existe. Il a composé pour Truffaut; de Broca, Godard (le thème inoubliable du « Mépris »)..et tant d’autres.

Les films qui marquent et restent dans nos vies sont presque toujours associés et liés à une musique.

C’est le cas des westerns spaghettis de Sergio Leone qui nous évoquent immédiatement les mélodies de Ennio Morricone (qui composa, aussi, pour les films de De Palma ,Henri Verneuil, nombres de Belmonderies…et tant d’autres).

Un film « en chanté » de Jacques Demy nous rappelle combien Michel Legrand a contribué au succès mondiaux des « Parapluies de Cherbourg » (Palme d’Or 1964) ; des  » Demoiselles de Rochefort » ou de « Peau d’Ane ». On peut rajouter à son palmares la siquemu de « L’Affaire Thomas Crown«, ou de « Breezy » de Clint Eastwood (1973) ou de « La Vie de Château » de Jean-Paul Rappeneau (1964) ou le jingle emblématique de RTL.

Steve Mcqueen dans « Bullit » ou pépère Eastwood dans ‘L’Inspecteur Harry » continuent à se regarder avec plaisir, pour l’histoire,les acteurs, le montage mais aussi pour réentendre les musiques de Lalo Shifrin.

Que serait « Un Homme et une Femme » (Palme d’Or 1966) de Claude Lelouch sans son « chabadabada » de Francis Lai ?

Un film de Fellini peut difficilement se dissocier des musiques de Nino Rota qui composa aussi le thème inoubliable du « Parrain »de Coppola.

On adopta rapidement Tim Burton pour son univers et son originalité (plus maintenant) mais aussi, personnellement, pour les musiques de Dany Elfman (« L’Etrange Noël de Mister Jack »; « Batman 2″…).

La liste est longue. Peut-on oublier les films d’Hitchcock et les musiques de Bernard Herrmann, le film « Je t’aime moi non plus » de et composé par Gainsbourg ou le thème de « Touchez pas au grisbi » (réalisé par Jacques Becker-1954) de Jean Wiener ?…et le violon de Grappelli des« Valseuses » de Bertrand Blier ? (il a oeuvré aussi pour Louis Malle sur « Lacombe Lucien » et « Milou en mai »)…et ne parlons des bo des« James Bond » par John Barry (qui composa aussi celle d’« Amicalement votre »). Et puis comme le rappelle Tétard Volcanique, non sans perfidie (et lourdeur aussi), Angelo Badalamenti et David LynchRandy ou Thomas Newman pour le studio PixarJoe Hisaishi et Hayao Miyazaki (Studio Ghibli); le fidèle John Williams pour Steven Spielberg. J’ajoute Joseph Kosma pour Jean Renoir et Marcel Carné; François de Roubaix pour José Giovanni et Robert Enrico; Goran Bregovic, longtemps compositeur d’Emir Kusturica (ils sont fâchés) et l’immense
Henri Mancini pour Blake Edwards. N’oublions pas Claude Bolling pour Jacques Deray ou Michel Magne pour Henri Verneuil ou P
ierre Granier-Deferre.

 » La chanson d’Hélène « , composée par Philippe Sarde et interprêtée par Romy Schneider et Michel Piccoli ( « Les Choses de la vie » de Claude Sautet) ne vous rappelle-t-elle pas des souvenirs ? Allez stop. J’arrête sinon je vais pleurer.

A plouche.

P.s.: Le titre de cet article est un clin d’oeil à l’excellente émission de Pierre Bouteiller sur  TSF Jazz, du lundi au vendredi, à 9H10 .

Les Anti

anti_tout_carte-p137376087994280304en8vm_216l-antipasti-di-domenico-il-duetto-issy-les-moul-2310121020…racistes; les anti semaine-à 4 jours ou celle à 4 jours 1/2; les anti nucléaire; les anti pasti, les anti con (mais chacun a sa propre définition du con); les anti cancers, les anti tabac ou alcool; les anti images-1mondialistes, les anti européens;  les anti LGV ou le site de Notre-Dame-des-Landes; les anti tout ou les (fameux et célèbres) anti MANIFESTATION DES OPPOSANTS AU MARIAGE GAYarticle_barjotmariage pour tous…ahHHH !! Ceux là ?…y’en a des graves et des sévères !!! De la Frigide Barjot (je confirme) à la Boutin (Titinne !!) en passant par Hervé Mariton (très drôle quand il a tenté, sur la tribune, de chanter sur du Guy Béart), 7902f2a46e728af702f9329d565647e6la Morano (qui revient, elle nous manquait la Nadine !!) et ce bon vieux d‘Henri Guaino….tout un poème celui-là !…ah mon pépère, ton discours du dimanche 24 mars  fut comment 5151292dire…inspiré ? « habité » par je-sais-pas-quoi ?? gaullien ??? Non ringard, simpliste 640647-manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-photo-f-loock-18voir simplet. Drôle si on prend « le bon angle et la bonne distance ». Bon ok, je ne l’ai pas écouté en entier, juste contre-cancer-473032des 894688-1056808extraits de quelques secondes qui me permettent de cultiver ma mauvaise foi. Mais ce qu’en j’en ai entendu est suffisant pour se rendre compte que Guaino ne conforte seulement que ses convictions et celles des manifestants présents. Il n’apporte absolument rien de nouveau dans l’argumentaire et l’abécédaire des anti mariage homosexuel. afp« RiiIIeEEEnnn! » comme le dirait Jean-Michel Aphatie de RTL 575800_l-ancienne-ministre-christine-boutin-assise-sur-le-sol-apres-avoir-recu-du-gaz-lacrymogene-le-24-mars-2013-a-paris-lors-de-la-manifestation-contre-le-mariage-homoet Canal+. Juste des déclarations, des attitudes et des postures qui sentent bon le conservatisme et la peur de l’autre (c’est beau ce que je dis non ?). Je les trouve en retard de 10 tgv en comparaison de l’Espagne ou de la Belgique, 2 pays européens et catholiques où le mariage et l’adoption par un couple homosexuel sont autorisés depuis déjà quelques années.

Francois-Xavier-Demaison-et-Antoine-de-Caunes_portrait_w858Combien sommes-nous autour de soi à avoir un ami, un copain ou une connaissance qui a « mal vécu » le divorce de ses parents ? Qui a un père ou une mère qui « a disparu de la circulation » remplacé par un second papa ou belle-doche prenant la place (en mieux) du géniteur ? Ou qui est tout 1543546107simplement décédé (c’est mon cas) sans que le conjoint(e) n’est voulu et/ou pu refaire sa vie ? Qui connait quelqu’un dont l’éducation laisse à désirer car n’ayant pas reçu des parents un minimum d’attention, d’affection et d’autorité ? C’est tabou de le dire ??? C’est faire preuve d’irresponsabilité ?!!? Deux femmes ou deux hommes en couple seraient vraiment incapables d’élever un photo-3-hommes-et-un-couffin-1985-1ou deux gamins ?? Ils manqueraient de tendresse, d’amour et d’autorité ? Ces couples seraient Incapables de suivre leur l_evenement_le_plus_important_depuis_que_l_homme_a_marche_sur_la_lune,0scolarité ? De prendre des décisions lors de sa (pré)adolescence ? Je ne le crois pas. Ce qui peut se passer en revanche, ce sont des remarques « déplacées, moqueuses voir homophobes » adressées à l’enfant par son entourage familial (les grands-affiche10parents, oncles, tantes, cousins…), ses compagnons de classe ou par ses professeurs. Mais c’est un risque à prendre pour justement combattre le mépris ou l’hostilité au droit à la différence et au bonheur de tous. Voilà. c’est dit. Soulagé. J’ai fait aujourd’hui « mon Apathie ». Sans son talent, son accent et son amour pour le rugby et le foie gras. Na.

un piano nommé Legrand

Michel-Legrand_imagelargeMichel Legrand a eu 80 balais le 24 février 2012 . Il est pour cette occasion en tournée mondiale, débutée en janvier dernier au théâtre du Châtelet. Dans tous les modes: en trio ou avec un orchestre symphonique ou un big-band, seul ou avec Nathalie 10691Dessay (le duo est sur les routes françaises ce mois-çi). Mardi soir dernier (le 4 donc), Legrand a donné au Palais des Congrès à Michel-legrand-concertParis, un concert « Spécial Cinéma » accompagné de l’orchestre Lamouerux (70 musiciens) et de très nombreux invités (re-24E MUSIQUES AU COEURNathalie Dessay, le pianiste Eric Berhold, la harpiste et épouse Catherine Michel….), j’y étais et ce fut fabuleux. 2h15 de musique, de plaisir, de découvertes (le film d’animation sur Picasso jamais sorti). Le principe: une demy-jacques-02-gtranche de Jacques Demy (« Les Demoiselles de Rochefort », « Les Parapluies de jpg_600x596_Peau_d_ane_-_Michel_Legrand.jpgCherbourg », « Peau d’Ane »); de Jean-Paul michel-legrand-bandes-originales-des-films-de-jean-paul-rappeneau-108427026Rappeneau (« La vie de château », « Les Mariés de l’an II », « Le Sauvage »); d’un hommage à sa soeur Christiane Legrand ( disparue 4xxymb0_news624en 2011); de « Yentl » de Barbra Streisand (par Catherine Michel Partir_revenirà la IMGP2119harpe));                             de Claude Lelouch (le concerto pour piano à la manière de Rachmaninov pour le film « Partir, Revenir » avec le pianiste Erik Berchot); les 3 films avec Steve McQueen (son grand pote…« L’affaire Thomas Crown », « Le Mans », « The Hunter ») le tout en images 604812accompagné par l’orchestre dirigé par el maestro ! Du bonheur !! Plus des chansons (pour Nougaro ou Nana Mouskouri) chantées par Nathalie Dessay, un peu de jazz pur en quintet (le morceau « Fast food » en hommage à la 401667_10151266793617299_1541710205_ncuisine française…) et Varda, Rappenau et Lelouch dans la salle acclamés par le public. Legrand jubilait, était souvent ému, nous a présenté un large éventail de ses nombreux talents: n’oublions pas qu’il michel10compose, Michel Legrand legrandjazz columbia 1958orchestre et arrange pour TOUS les instruments. C’est michelphoto2aussi et bien sûr un grand mélodiste et un magnifique pianiste. Bon quand il chante (et il l’a fait !), il en MICHEL-LEGRAND-_-SACHA-20-02-71-agace plus d’un (pas moi car ça me fait rire !). Legrand a michelphoto6travaillé-composé-chanté pour/avec Miles Davis, Sarah MI0001351741Vaughan, Stéphane Grappelli, Nougaro, Tony Bennett (son très très grand ami), Barbra 115406175Streisand, Jamie Cullum ou Sacha Distel. Il a même fait un James Bond 0001034700_350(« Never say never again »7740410585_tony-bennett-en-duo-avec-laurent-gerra-dans-le-grand-studio-rtl1983) et composé le célèbre jingle de la radio RTL !!

Depuis des dizaines d’années, il arpente aussi bien les scènes d’Amérique du flyer_legran_engNord, russes, japonaises, anglaises ou israéliennes (il a l’autorisation d’emmener avec lui son petit piano muet dans les avions). Carrière michelphoto1foisonnante et éclectique, son
inspiration IMGP1797et sa curiosité paraissent infinis et on se dit qu’il n’y a pas de raison que Michel Legrand ne continue pas à accompagner notre quotidien et nos vies. Merci mille fois encore pour ce concert exceptionnel et j’espère qu’elle sera longue à mourir votre jeunesse.3111993661_1_2_y7yUul0cb_28271_Michel_Legrand___Stephane_Grappelli-Douce_France-1996tendrevoyouMichelLegrand-Parapluies

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Montand

Hello les loulous,

Ivo Livi dit Yves Montand nous quittait, il y a 20 ans pile aujourd’hui, le 9 novembre 1991. Il venait d’avoir 70 ans, le 13 octobre. Quel carrière ! Chapeau l’artiste. Immense vedette internationale, lui. Qui a connu les plus belles scène de Broadway,San Francisco Rio, Mexico, Moscou ou Paname. Tout comme un de ses modèles Charles Trenet, Aznavour, sa « mentor/coacheuse-pygmalione/1ère vraie amoureuse » Edith Piaf (qui lui a donné confiance et certaines « clefs » du métier de chanteur). Ou comme Simone Signoret (« sImôneU ! », rencontrée à « La Colombe d’or » à Saint-Paul de Vence où Jacques Prévert avait une maison), sa femme, « sa moitié », « son épaule ».Eux deux ont tourné à Hollywood (Signoret a reçu un Oscar… comme Juliette Binoche et Marion Cotillard). Ils sont vraiment pas nombreux les frenchies à pouvoir s’en vanter. Montand a tourné avec Marilyn…LA Marilyn dans le film de Georges Cukor, « Le Milliardaire ». Ils se sont d’abord littéralement dévorés des yeux avant de succomber à….wouaahh !!!

Quel parcours pour ce fils d’émigrés d’une famille paysanne de Toscane, les Livi, contraint de fuir l’Italie de Mussolini et son régime fasciste (le papa était communiste), pour rejoindre Marseille et s’installer dans un de ses quartiers les plus pauvres. Les Livi vont connaître le racisme et seront traités « de ritals ». Le petit Ivo a une jolie voix (comme la mAmma !), se passionne rapidement pour le cinéma et spécialement les comédies musicales et tout particulièrement  celles de son idole, Fred Astaire et ses numéros de claquettes légendaires (à qui il rendra « hommage » 40 ans plus tard, devant lui, sur la scène des Oscars…très drôle d’ailleurs !). Surnommé le Charles Trenet marseillais, Ivo Livi devient Yves Montand et sera un des plus grands chanteurs de France et du monde (il pouvait « tenir » 7 mois à « guichet fermé » au Théâtre de l’Etoile). Travaillant comme un besogneux, répétant mille fois un geste ou un pas de danse, faisant de la barre tous les jours jusqu’à épuisement. Il menait la vie dure à ses musiciens (dont son pianiste-arrangeur-confident-souffre douleur Bob Castella). Il avait beaucoup d’affection pour son guitariste Henri Crolla (« mon Riton ! »), qui était un proche de Django Reinhardt, décédé en 1960. Il a travaillé aussi bien avec le pianiste Maurice Vander qu’avec l’harmoniciste Jean-jacques Milteau. Dans le magnifique documentaire » Ivo Livi, dit Yves Montand » de Patrick Rotman,diffusé sur France 2 hier soir (3 288 000 téléspectateurs), on voyait très bien que Montand était un grand traqueur et un angoissé. Il pouvait répéter chez lui, en Normandie dans sa maison d’Autheuil, jusqu’à 10 heures par jour avec ses musiciens. Obstiné, maladivement perfectioniste, il « ne lâchait rien » quitte à être colérique et de très mauvaise fois. Mais voilà il EST un VRAI artiste de music-hall: chant, danse et comédie. Prévert, Kosma, Marguerite Monod, Francis Lamarque, Loulou Gasté (« ooh mon LoUlOU !!! »), Castella, Crolla, Hubert Rostaing ont écrit et/ou/ composé et/ou arrangé des dizaines de chansons pour lui (« Les Plaines du Far-West » son premier tube; « Les Grands Boulevards »,; « A Paris »; « A bicyclette »; « Battling Joe »; « A pied »; « Le jazz et la java »; « Duke Ellington »; « C’est si bon »; « Syracuse »; « La chansonnette »; « Revenant de l’école »; « La vie en rose »; « L’âme des poètes »; « Sa jeunesse »; « Mon manège à toi »….). Il reste pour moi le meilleur interprête des « Feuilles mortes » (voir ou écouter le récital de l’Olympia 1981 où le public lui réclame chaudement la chanson !). Un regret pour ma part, Montand avait annonçé son retour sur scène, à Bercy pour l’automne 1992, hélas il a cassé sa canne et je l’ai eu dans le baba.

Voilà pour la facette « chanteur-danseur », mais n’oublions pas que Montand tourne depuis 1944. Au compteur, déjà une bonne quinzaine de films (dont « Le Salaire de la peur » d’Henri-Georges Clouzot avec Charles Vanel; « La Loi » de Jules Dassin; « Le Milliardaire » de Cukor), mais c’est à partir surtout de 1964-65, une lassitude de la chanson se faisant ressentir, que Montand se tourne prioritairement vers le cinéma. C’est avec Costa-Gavras dans « Compartiment de tueurs » que les choses cinématographiques sérieuses ont commençé pour Montand.Ils feront ensemble, avec le scénariste Jorge Semprum, excusez du peu, « Z » et « L’Aveu » d’après le roman d’Arrtur London.Le cinéaste retrouvera son acteur fétiche pour « Etat de siège » et « Clair de femme » au côté de Romy Schneider. Montand a tourné avec Resnais (« La Guerre est finie »), a fait partie of course de « Paris brûle t-il ? » de René Clément,   a fait confiance, en 1976, au jeune Alain Corneau avec qui ils tourneront 3 films (l’épatant « Police Python 357 », tourné en Sologne avec Simone Signoret et François Perrier; « La Menace » tourné au Canada et le remarquable « Le Choix des Armes » avec Depardieu, Galabru, le jeune Gérard Lanvin et la somptueuse Catherine Deneuve), Deneuve qu’il retrouvait après le cultissime « Le Sauvage » de Jean-Paul Rappeneau, avec qui il tournera, en 1981, « Tout feu, tout flamme » avec Isabelle Adjani. Personnages souvent cabots, forts en gueule, généreux, égocentriques, drôles, menteurs, parfois roublards, « toujours en mouvement » et « prenant de la place » (« Le
Diable par la queue »
de Philippe de Broca; « César et Rosalie » et « Garçon » de Claude Sautet (l’acteur a demandé  au réalisateur et au scénariste Jean-Loup Dabadie que le personnage de Jacques Villeret ne « lui pique pas la vedette »)« Le Grand Escogriffe » de Claude Pinoteau avec
Claude Brasseur; « La Folie des Grandeurs » de Gérard Oury…). Plus ombrageux avec ses failles et ses contradictions sont ses rôles dans « Vivre pour vivre » de Claude Lelouch avec
Annie Girardot et Candice Bergen, « Vincent, François, Paul et les autres » du toujours Claude Sautet, « Trois places pour le 26 » de Jacques Demy (« biopic » sur la vie de Montand sous forme de retour de la star à Marseille pour un spectacle sur sa vie) ou « IP5 » de Jean-Jacques Beineix (film très critiqué à l’époque avec une polémique dégueulasse où le réalisateur fut « soupçonné » d’avoir « provoqué » la mort de Montand décédé à l’hôpital de Senlis suite à un tournage de nuit en forêt avec baignade sur un étang). Et puis et puis et puis, il y a eu le Papet dans « Jean de Florette » et « Manon des Sources » de Claude Berri avec Daniel Auteuil et Gérard Depardieu, d’après l’oeuvre de Marcel Pagnol….GRANDIOSE et MAGNIFIQUE !!! Merci Monsieur Montand pour cette carrière fabuleuse (certains ont même cru que vous alliez devenir Président de la République !) , espèrant que le temps ne vous oubliera pas auprès des nouvelles générations.

Culte !

Hello les loulous,

Profitant de la ressortie, en salle, d’un film que je considère comme culte, « Il était une fois en Amérique » de Sergio Léone (1984), tentative aujourd’hui d’évoquer, de parler, d’expliquer ce qui fait qu’un film devient culte ou non. Frère jumeau de l’article « nanar » ou cousin germain de « fiasco« , commençons d’abord par consulter le Larousse 2000: « culte: 1:.Hommage rendu à Dieu, une divinité, à un saint /2. Vénération immodérée (avoir le culte de la famille) /3. Se dit de ce qui suscite l’enthousiasme d’un public générationnel restreint (film culte) ».

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adaptation(s)

Salut les baltringues,

Profitant du méga-succès en salle, du film de François Ozon, « Potiche » avec une Catherine Deneuve et un Gégé Depardieu réjouissants, retour sur quelques exemples d’adaptions (réussies ou non) de romans ou pièces de théâtre d’aujourd’hui ou du passé. C’est le cas, donc, pour « Potiche », tirée de la pièce de boulevard de Barillet et Gredy, qui fit la joie de nombreux spectateurs grâce au talent comique de Jacqueline Maillan. La force de François Ozon est d’avoir conservé les codes de cette pièce de boulevard très datée mais en la truffant de clins d’oeil à Ségolène Royal (qu’il a soutenu en 2007), à Nicolas Sarkosy (et « son travailler plus pour gagner plus ! »), à Bernard Thibault (ah la moumoute de Depardieu). Sans oublier une remarquable direction artistique (décors, costumes, coiffures…) qui lorgne beaucoup du côté de Jacques Demy. Catherine Deneuve est parfaite et la voir danser avec Gros Gégé nous rappellent qu’ils forment tous les deux un vrai couple de cinéma. Les autres interprètes sont convaincants excepté Fabrice Luchini qui en fait des tonnes. Quelques longueurs à la fin gachent un peu notre plaisir mais « Potiche » est un excellent divertissement de qualité.

Ozon s’était déjà frotté à l’adaption avec « Huit femmes »(2002), pièce de théâtre insignifiante de Robert Thomas (réalisateur des nanars « Mon curé chez…« ) mais était resté volontairement dans les codes: un seul décor faisant du coup « très théâtre »  alors que « Potiche » ne l’est quasiment pas.

Idem pour « Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau (1990) grâce à son talent de réalisateur mais aussi à celui de Jean-Claude Carrière (immense scénariste-adapteur-dialoguiste de Bunuel à Louis Malle en passant par Peter Brook, Jacques Deray ou parfois du réalisateur de télévision, Jean-Daniel Verhaeghe). Avec cette adaption, on est tout sauf dans une pièce. La caméra virevolte d’un champs de guerre à une abbaye en s’arrêtant dans une patisserie, Depardieu sautille et nous enflamme avec son « …que dis-je un nez ! c’est un roc, une péninsule… », Raguenot nous empiffre de brioches, De Guiche reste malgré tout élégant et comme nous aimerions être à la place de Christian pour roucouler auprès de la belle Roxane. Rappeneau et Carrière « ont remis le couvert » 5 ans plus tard avec l’adaptation réussie (quoique longuette) du « Hussard sur le toit » avec Juliette Binoche et Olivier Martinez, d’après le roman de Jean Giono.

Francis Veber a écrit « Le dîner de cons » (1998) pour le théâtre et pour Jacques Villeret. Son adaptation cinématographique est plus reserrée mais reste très fidèle et proche de sa pièce.

On peut le dire aussi pour « Un air de famille« , pièce écrite par le tandem Agnès Jaoui & Jean-Pierre Bacri dont la réalisation a été confiée à Cédric Klapisch.

 

 

 

 

Ouvrons maintenant l’épineux dossier des adaptations des romans du 19 ème siècle. Claude Chabrol a adapté et réalisé, en 1990, probablement la plus juste et la plus fidèle transposition de  « Madame Bovary« , d’après Gustave Flaubert. Son Emma, merveilleusement interprété par Isabelle Huppert « vit et aime au-dessus des ses moyens et de ses sentiments » (dixit Chacha). Jean-François Balmer campe un Charles Bovary dépassé par les évenements et par son épouse. Jean Yanne est un savoureux Homais, pharmacien du village et curieux du quand-dira-t-on. On est loin de l’adaption-tartignolle-et-carton-pâte de Vincente Minnelli qui est pourtant un des plus grands metteurs en scène du XXè siècle. Celle de Jean Renoir, des années trente, est plus convaincante.

Depardieu a décidé, en 1997, de conquérir des publics internationaux en se lançant dans l’entreprise ambitieuse du « Comte de Monte-Christo« , avec l’aide de Jean-Pierre Guérin à la production, et Josée Dayan à la caméra. Rejoint par Ornella Muti, Jean Rochefort, Pierre Arditi, Michel Aumont et de « tous mes amis sont là » Jean-Claude Brialy, le pari est réussi et convaincant. L’esprit « aventure épique » de Alexandre Dumas est présent. Le trio a recommençé quelques années plus tard avec l’adaptation des « Misérables » (avec Christian Clavier, Charlotte Gainsbourg…),d’après Victor Hugo et là, aïe, c’est pas bon du tout (tout comme le biopic sur « Balzac« ). Mais la série a été diffusée, par exemple, en Chine. En revanche, celle sur « Napoléon » (2002) réalisée par Yves Simoneau avec Clavéon, Isabelle Rossellini, John Malkovitch se maintient plutôt pas mal.

Mieux vaut revoir la version des « Misérables » de Robert Hossein avec Lino Ventura (Valjean), Michel Bouquet (Javert) et Jean Carmet (Thénardier) ou celle de Jean-Paul Le Chanois avec Gabin, Nanard Blier, Bourvil et Serge Regianni. Je n’ai pas vu malheureusement la version avec l’immense Harry Baur et Charles Vanel.

« Un singe en hiver » est un exemple où j’ai préféré le film au livre. L’adaptation cinématographique du roman de Blondin est moins morbide et plus joyeuse, probablement du à la plume d’Audiard et à la complicité naissante, sur le tournage, entre Gabin et Bébel.

Les adaptations au cinéma de romans sont souvent décevantes. J’ai parlé récemment de « L’homme qui voulait vivre sa vie » d’Eric Lartigau d’après le bouquin de Douglas Kennedy ou de l’adaptation de Tavernier du roman de J.L. Burke, « Dans la brume électrique avec les morts confédérés ». En revanche, son « Coup de torchon » d’après le polar « Pop 1280 » de Jim Thompson est une petite merveille (performance d’Eddy Mitchell en Nono, con génital). J’ai dis et je redis que le dernier opus de Tatav, « La Princesse de Montpensier« , adapté du roman de Mme La Fayette est formidable ( voir la scène où la Montpensier comprend qu’elle perd son amour, De Guise, pour le prince de Montpensier, du à l’arrangement des deux pères). C’est tout sauf de l’académisme comme je l’entend ici ou là. Regardez les scènes de batailles, c’est barbare, sanguilonant et filmé avec rage.Oui, ce sont de jeunes acteurs qui parlent le 16 ème siècle. Où est le problème ?!? Les armées recrutaient, à cette époque, des garçons âgés de 20-22 ans. Ils sont rustres, pas toujours bien élevés (malgré leurs rangs), parfois crades et barbares (le balafré) mais ils ont tout de même le droit d’êtres amoureux, saperlipopette !

« le Nom de la rose » de Jean-Jacques Annaud est un livre et un film à lire et à voir. L’adaptation du génial et foisonnant « Dalhlia noir » de James Ellroy par Brian de Palma est grotesque. Je n’ai pas vu le film « Le Parfum » tiré du best-seller de Patrick Süskind que Sergio Leone, Polanski et tant d’autres ont renoncé à faire.

Ne pas parler de Georges Simenon dans ce billet serait une offense. Que dire sinon que c’est le parfait exemple du romancier typiquement compatible avec l’écriture cinématographique tout comme Maupassant. Je ne vais pas faire la liste nombreuse de tous les films (plus les télés) adaptés de sa foisonnante oeuvre. Je citerai comme ça péle mèle: « Les fantômes du chapelier » de Claude Chabrol (un des plus grands rôles de Michel Serrault); « La Marie du Port » de Marcel Carné (1950) et « En cas de malheur » de Claude Autant-Lara (1958) avec tous les deux Jean Gabin ou « L’étoile du Nord » de Pierre Granier-Deferre (1982) avec Simone Signoret et Philippe Noiret.

Je pourrais continuer  à citer indéfiniment des films. Adapter d’après le patrimoine littéraire, théâtrale, de bandes dessinées, de biopics et maintenant de sitcoms ou de sketches de comiques, est vieux comme le monde et a démarré dès le cinéma muet: en France, aux USA, en Angleterre ou en Allemagne. Un producteur s’emparait d’un auteur, d’une pièce ou d’un comique de music-hall pour en faire une vedette de cinéma. Les exploitants de salles étaient avant tout des forains et/ou des patrons de salles de spectacles. C’étaient les Sacha Guitry, Raimu, Louis Jouvet, Jules Berry, Jean Gabin, Fernandel, Bourvil ou Jacques Tati. Aujourd’hui depuis 25 ans, c’est beaucoup à la télévision que l’industrie cinématographique pioche: du « Petit
Théâtre de Bouvard « 
aux « Nuls » ou  aux « Inconnus » à Gad Elmaleh ou Djamel en passant par « Les Robins des Bois« pour ne parler que de la Françe. Certains ont beaucoup de talent au demeurant. Après tout, Jean Dujardin s’est fait connaître par la téloche avec « un gars et une fille ».

La bise.

américana

Hello les baltringues,

Profitant de la sortie du film de Kim Chapiron, « Dog pound », retour sur des metteurs en scènes qui ont réalisés un ou plusieurs films aux Etats-Unis. C’est le cas déjà pour le jeune Alexandre Aja: « La colline a des yeux » (2006), « Mirrors » (2008) et « Piranha » qui sort cet été (en 3D parce qu’il faut pas déconner quand même !). C’était manifestement son rêve et son désir d’aller « faire carrière » aux States (un peu comme un metteur en scène ou un acteur européen de la Mittel Europa),d’autant plus pour  y faire des films de genre.

C’est visiblement le cas aussi pour Louis Leterrier avec « L’incroyable Hulk » (2008) et « Le choc des titans » (2010).La même envie de films à gros bufgets et à effets spéciaux même s’il raconte qu’il est difficile et compliqué de travailler avec les majors américaines. Beaucoup de pressions et d’interlocuteurs. Et puis surtout le pouvoir du metteur en scène est partagé. Fini la culture européenne du « final cut »qui fait tant réver dans les universités américaines. Très peu de réalisateurs américains l’obtiennent et parfois le perdent ensuite (lire absolument le livre de Peter Biskind, « Le rêve américain » sur l’ascension de Coppola, Scorsese, Lucas, Spielberg, Cimino, Denis Hopper).

Ca n’a visiblement pas trop plu à Jean-Pierre Jeunet. Il n’a pas manifesté le besoin de retourner un film à Hollywood après son expérience d’ « Aliens 4 ». Par contre, ses films suivants sont finançés, en partie, par les ricains. Comme l’était, par exemple, « Les Demoiselles de Rochefort » de Jacques Demy (1967) ou beaucoup de films de François Truffaut.

Christophe Gans (« Le Pacte des loups » (2001)), après « Silent hill » (2006), revient en France pour réaliser« Fantomas » avec Vincent Cassel. Peut-être y retournera-t’il ?

Bertrand Tavernier est revenu un peu « vacciné » de son film, « Dans la brume électrique » (2009), tourné au USA au printemps 2007, avec une équipe américaine(excepté son chef opérateur Bruno De Keyser) mais financé par la France. Outre son différent de montage avec son producteur américain (qui a bloqué la sortie de son film durant plus d’un an), Tatav raconte, dans son journal de tournage (« Pas à pas dans la brume électrique » aux éditions Flammarion), la lourdeur et les habitudes ancrées dans son équipe qu’il a un mal fou à changer: l’importance des doublures lumières ( pour les réglages de la lumière et la mise au point de l’image), la culture du camion (en France aussi Mr Tavernier…si je peux me permette !), la demande de certains techniciens (monteur, cadreur), d’acteurs ou de syndicats corporatistes, de plans supplémentaires sous tous les angles (« …parce que le public ne va pas comprendre ! » dixit le monteur américain qui mit en colère le réalisateur), le nombre de producteurs, assistants, machinistes et électriciens. Est-ce qu’ il renouvellera l’expérience ?


En tout cas, Louis Malle et Roger Vadim l’ont fait plusieurs fois et ce sur plusieurs années, avec plus ou moins de bonheur et de difficultés, selon les films et  les budgets.Et en plus, ils ont rencontrés l’AmuUUUr ! C’est pas un beau métier, ça ?!?

Alors à qui le suivant ?

Tchao.