Symphonie de Funès

6248128030 ans pile aujourd’hui que nous quittait Louis de Funès. Le 27 janvier 1983. Toujours aussi populaire. Une énième rediffusion du « Corniaud », de « La Gande Vadrouille » de Gérard Oury ou « L’Aile ou la Cuisse »
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de Claude Zidi génère encore des millions de téléspectateurs. Il l’est l’une des rares vedettes (peut-être la seule ?) d’après-guerre à l’être toujours aujourd’hui. Et ce de générations en générations. La reconnaissance  pour de Funès fut très tardive (à l’aube de ses 50 ans). Comme on dit, il a bouffé »de la vache enragée ». Pianiste de bar, il a participé à plus de 200 films (souvent une image descriptionpanouille) où petit à petit il s’est fait remarquer par  des metteurs en scène (Sacha Guitry) ou des acteurs (Jean Gabin; Bourvil…) et s’est fait connaître auprès du public par ses mimiques et ses grimaces. C’est sa mère qui l’a beaucoup inspiré parait-il, (elle était disons, remuante, extravagante et très porté sur le zygomatique ) pour notamment se  defaultconstruire un personnage d’homme colérique, égoiste, lâche, faux-jeton et de mauvaise foi. Mais pas seulement. Il a aussi un sens inouïe de la répartie et du rythme. Ce n’est pas un hasard s’il vient de la musique (comme Gabin; Bourvil; Darry Cowl…). Louis de Funès a une musicalité, est une 18808386.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxmusique tel un concertiste. Le voir dans « Oscar » ou « Joe » est toujours étonnant. Certains ont cherché à l’imiter gentleman-d-epsom-1962-01-g(Christian Clavier…) mais il est vraiment unique et singulier, se rapprochant plus de la famille des aba18772fc70c8cbf79a79f413ef102bclowns (toujours émouvant de le (re)voir, dans « L’Aile ou la Cuisse », face à Coluche sur la piste d’un chapiteau quand un père découvre que son fils fait le pitre). Très très inquiet dans la vie, perfectionniste, on le disait très exigeant avec ses partenaires mais pouvait leur être d’une fidélité rare dans le métier (Claude Gensac, Michel Galabru, Jacqueline Maillan…). Il se sentait rassuré quand les techniciens rigolaient à ses gags sur le 18450538.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxplateau. Edouard Molinaro qui a Edouard-Molinaro-realisateur-de-La-cage-aux-folles_portrait_w858réalisé « Oscar » et « Hibernatus » a vécu 120 - 1967 - OSCARun enfer car il  riait ‘intérieurement » aux conneries-de-funèstiennes. Il faut dire que le Doudou n’est pas connu pour son humour et son sens de la rigolade. Résultat, de soupe-aux-choux-1981-05-gFunès le punissait en exigeant qu’il quitte le plateau durant les prises. Jacques Villeret a raconté qu’il a été convoqué quelques jours avant le tournage de « La Soupe aux choux » par de Funès qui lui a mis « une pression de dingue ! ». On imagine le tout timide et soupe3gentil Villeret pétrifié devant le maître. Gaff939226016De-Funes-et-Bourvil-350« Pris en main et épaulé » par Bourvil exigeant qu’il soit à la même taille que lui sur l’affiche du « Corniaud », de Funès fit de christian_fechner_referencemême quelques années plus tard pour Coluche sur « L’aile ou la cuisse ». On sent bien que ça colle entre eux et ils avaient 18808385.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxle désir de retourner ensemble. Le film tient du miracle car les assurances refusaient de « couvrir » la star qui venait de faire une crise cardiaque. C’est grâce à l’opiniatreté du producteur Christian Fechner que le film vit le jour (quelques heures de tournage pour de Funès, un quasi hôpital au complet en coulisse…). Il y eu ensuite « La Zizanie » 4173712wyiwv(excellent duo avec Annie Girardot), « La Soupe aux choux », un dernier et bien piètre épisode de la série des « Gendarmes… » et avare4« L’Avare », un des rêves de l’acteur. La facture du film est très laide mais l’interprétation d’Arpagon par de Funès est fabuleuse, digne de celle de Michel Serrault ou de Michel Bouquet.

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en vrac 128 – spécial Pierre Mondy

Salut les loulous,

« en vrac » est en deuil et sera principalement consacré au décès de Pierre Mondy.

Pierre Cuq, né le 10 février 1925 à Neuilly-sur- Seine, dit Pierre Mondy est donc mort hier matin à 87 ans. Plus de soixante de carrières: sur les planches, au cinéma et à la télévision en tant qu’acteur ou à la mise en scène. Il est parti rejoindre ses potes Serrault, Poiret; Maillan; Lamoureux, Simone et Montand. Il a tourné avec Jean Becker (« Rendez-vous de juillet »); Abel Gance (« Austerlitz » où il interprétait Napoléon); Henri Verneuil (« Week-end à Zuydcoote » avec son pote Belmondo); « Yves Robert (« Bébert l’omnibus »; « Les Copains ») ou Molinaro (« Le téléphone rose »). Il a mis en scène au théâtre  « Oscar » avec de Funès; « La Cage aux folles » (jouée durant des années dont cinq par Poiret et Serrault); « Lily et Lily » avec Jacqueline Maillan; « Le Dîner de con » que Villeret jouera 3 ans et demi; des Feydeau…et j’en passe et des meilleurs !! J’ai eu la chance de travailler avec lui sur 2 épisodes des « Cordier, juge et flic » pour Tf1 (série qui dura 13 ans) et ai pu apprécier sa grande culture (notamment sur le jazz et le polar), sa gentillesse, son humour taquin et un sens incontestable du rythme. Combien de fois a-t-il sauvé une scène extrêmement mal écrite et pas crédible en proposant d’inverser une réplique où d’y caser un silence. Très soucieux de ses partenaires, il avait le sens de la troupe et en était le meneur s’en la ramener. Très populaire, pour entre autres, la série « La Septième Compagnie » de Robert Lamoureux, il a cotoyé régulièrement les succès voir les triomphes. Je resterai sur ce souvenir: je le ramenais en voiture chez lui, du côté du Trocadéro, le pianiste Oscar Peterson passait sur Jazz à Fip, Pierre Mondy m’en parla durant tout le trajet me conseillant tel album à écouter. Grande classe !!! Tchao Pierrot.