François Truffaut

Francois_TruffautLe 21 octobre 1984, François Truffaut nous quittait endeuillant le cinéma français et mondial à jamais. 21 films au compteur (plus les courts-métrages) dont certains ont marqués plus de deux générations de spectateurs, les_mistons(cinéphiles ou non), certaines oeuvres rencontrant de véritables triomphes populaires. C’est la force des grands cinéastes: avoir un univers à soi, une « musicalité » (dans les dialogues,le découpage technique,le phrasé des acteurs, le montage…) artworks-000004916857-lz78xg-cropqui touche et emporte à la fois le public et la critique. La liste cinema_renoir_e_truffautest longue: Jean Renoir, Fritz Lang, Vincente Minnelli, Jean Vigo, D.W. Griffith, Jacques Becker, Raoul Walsh, Jacques Tati, John Ford, Ernst Lubitsch, Jean Grémillon, Cecil B Demille, Murnau, Chaplin,  …et et ET A-Nouvelle-Vague-Desktop-Image!!…Sir Alfred Hitchcock !!! Justement c’est LE cinéaste adoré et adulé par François et sa bande de copains rencontrée à la Cinémathèque à partir de 1947-48: Claude Chabrol, Jean-Luc Les 400 CoupsGodard, Eric Rohmer, Jacques Rivette, Jacques Rozier…et quelques autres. Devenus critiques (dont au « Cahier du Cinéma ») et pour certains animateurs de Ciné-Clubs et attaché de presse, chacun de ces lascars a contribué à réhabiliter la fonction de metteur en scène comme patron, artisan, décideur, façonneur de son film !!  Une de leur bataille est de « faire reconnaître » Hitchcock comme un 9782070735742abc-09c97cinéaste-auteur même si il est très populaire (un des premiers réalisateurs à être reconnu dans la rue car il apparait dans ses films et qu’il passe à la télé) et qu’il fait tumblr_mdlhair7JR1qbsbnoo2_500régulièrement des millions d’entrées aux Etats-Unis et dans le monde. Cela donnera en 1962 un livre d’entretiens foisonnant, détaillé et passionnant « Hitchcock Truffaut » qui fait encore aujourd’hui référence.

201403271030-fullVirulent, féroce, parfois injuste dans ses critiques (cf l’article « Une certaine tendance du cinéma » fustigeant les Claude Autant-Lara, Jean Gabin, les scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost, 009-jean-pierre-leaud-theredlistles films tournés en studio…), c’est son père « spirituel » 006-jean-pierre-leaud-theredlistAndré Bazin, le Pape de la Critique, qui lui a conseillé la nuance et la distance dans ses propos. Bazin héberge François, l’éduque et le forge (ses parents génétiqies l’ont délaissé laissant l’éducation de
leur fils à une grand-mère). L’enfant est turbulent et rebelle, le copié-collé de Jean-Pierre Léaud des « Quatre-Cents Coups »  est flagrant !…nourri par son amitié qu’avait « la Truffe » 19_truffaut-theredlist(dixit Pierre Grimblat) pour son potos Robert Lachenay, relation d’enfance que résume parfaitement le titre du film…enfance que le cinéaste mettra au centre de nombreux films. En effet, Truffaut fait partie des quelques metteurs en scène  comme Pialat, Comencini, Jacques Doillon, Chaplin bien sûr, affiche-l-enfant-sauvage-829ccargent-de-pocheSpielberg aussi, probablement Louis Malle, qui sont très à l’aise « à diriger » des enfants, qui plus est sans expériences voir aux caractères difficiles: s’ajoute aux « Quatre-Cents », « L’Enfant sauvage » et « L’Argent de poche » tous deux tournés en Auvergne.Ils sont peu nombreux à avoir ce talent là, d’autant plus que les enfants sont impatients et se lassent vite du tournage (je l’ai vécu plusieurs fois).

006_fanny-ardant-et-francois-truffaut_theredlistTruffaut aimait donc les enfants mais aussi, je dirais SURTOUT…les femmes !!! De sa vie, ses filles et les actrices ( il en était très amoureux).Elles le lui ont bien rendu et le lui ont été reconnaissantes des rôles fabuleux qu’il leur a offert: de Catherine 1836903_10153261792503776_1311916783484429396_ofilm-le-dernier-metro18Deneuve (« La Sirène du Mississippi »; « Le dernier métro ») à Nathalie Baye (« La nuit la-mariee-etait-en-noir-818américaine »; « La Chambre verte ») à Jeanne Moreau (« Jules et Jim »; « La Une Belle fille comme moimariée était en noir ») à Bernadette Laffont (« Une belle fille comme moi ») en passant par Jacqueline Bisset (« La nuit américaine »); fanny_284679911_north_522xIsabelle Adjani 532339_10201136190188716_647099893_n(« La vie d’Adèle H. ») et bien sûr affiche_Femme_d_a_cote_1981_2afficheFanny Ardant (« La femme d’à côté »; « Vivement dimanche »). Je pense aussi à sa collaboratrice la plus fidèle, Suzanne Schiffman qui fut our-à-tour scripte, assistante, scénariste, directrice artistique, productrice au sein de la compagnie de film de Truffaut « Les Films du Carrosse ».

la-peau-douceLes hommes n’ont pas eu non plus à se plaindre du père François: Jean-Pierre Léaud, Jean Desailly, Belmondo, Charles Denner, Depardieu, Bemondo-BouquetJean-Louis Trintignant pour les premiers rôles, Michel Bouquet, André Dussolier, Jean-Louis Richard, Jean Jean PoiretPoiret pour les seconds rôles ont tous été gâté par les scénariis de Truffaut.

Pour conclure, François Truffaut aimait follement la vie, le cinoche, ses actrices, ses acteurs et ses 19639techniciens Il a laissé une oeuvre romanesque, identifiable et reconnue dans le monde entier. La Cinémathèque Française lui rend hommage par une exposition-fleuve dont elle a un réel savoir-faire (cf expositions Guitry, Jacques truffaut-couv-jpgDemy, Pialat, Tim Burton…). Pour finir, une citation de Gérard Depardieu recueillie pour le supplément hors-série « Le Point » : « François Truffaut manque non seulement beaucoup au cinéma français, mais aussi à la vie. J’ai retrouvé truffaut-dirigeant-gerard-depardieu-et-fanny-ardant-a-grand-place-grenoble-lors-du-tournage-de-quot-la-femme-d-a-cote-quot-en-1981-photo-ledl-archivesFanny Ardant cet été au théâtre en Lettonie, dans « La Musica Deuxième » de Marguerite Duras. Pour nous deux, c’était un peu le prolongement de « la femme d’à côté » . François était vraiment un homme qui aimait les femmes et celles qu’il a choisie lui ressemblaient, qu’il s’agisse de Madeleine ou de Fanny. J’aimais son rire franc de gamin. Il faisait un cinéma de voyou avec le sourire et une sincère joie de vivre. » – le 5 septembre 2014.

 

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Jean-Paul Belmondo dit « Bébel »

 Bonjour toi,

Jean-Paul Belmondo dit « Bébel ». Notre Bébel national ! Immense vedette. EnoOORme  star du box-office du cinéma français des années 60-70 et une partie des années 80 (il cumule quasi à lui tout seul 130 millions d’entrées). Avec les Louis de Funès et Bourvil, ses « pères » Jean Gabin et Lino Ventura, son « frère » (et un peu rival à une époque !) Alain Delon, sa p’tite soeur Annie Girardot ou une Marlène Jobert ou un Pierre Richard (sur moins d’années). Epoque bénite où « le prochain Belmondo » était annoncé un an à l’avance dans les cinémas et financé  par les exploitants. Belmondo commença à pratiquer la boxe amateur puis bifurqua, en 1950, vers le théâtre où il rentra dans le cours de Raymond Girard avec qui il prépara le concours du Conservatoire. Il échoua par 2 fois et ne fut admis qu’en 1952 dans le cours de Pierre Dux (qui ne croyait pas une seconde au talent du jeune comédien). C’est au Conservatoire que Belmondo rencontra Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Pierre Vernier, Bruno Crémer ou Michel Beaune. Il débuta au cinéma « timidement » à partir de 1956 avec Marc Allégret ou Marcel Carné, s’envola véritablement avec Claude Chabrol  dans « A double tour«  ( ils tourneront ensemble, plus tard,« Docteur Popaul » avec Mia Farrow,  qui reste le plus gros succès de Chabrol au box-office) et surtout avec  Jean-Luc Godard dans le cultissime « A bout de souffle » en 1960 (il avait joué dans son premier court-métrage). Il enchaine ensuite avec Claude Sautet (« Classe tous risques » avec Lino), Louis Malle (« Le Voleur », magnifique, vient de ressortir en salles), François Truffaut (« La Sirène du Mississipi » avec Catherine deneuve), Melville (« Léon Morin, prêtre »; « Le Doulos »; « L’Ainé des Ferchaux »); Peter Brook (sis si « Moderato cantabile » sur un scénar de Marguerite Duras); Jean-Paul Rappeneau (« Les Mariés de l’an II »); Alain Resnais (« Stavisky »), Claude Lelouch (« Un homme qui me plait »; « Les Misérables »). Compagnon de route de la Nouvelle Vague dés le début (sa liberté de jeu et son aisance faisait merveille avec l’esprit  de ces « nouveaux hussards »), Belmondo la délaissa progressivement lorsqu’il  joua dans « Un singe en hiver » d’Henri Verneuil, en 1962, au côté du  » Vieux » (Jean Gabin), devenant une immense vedette et s’installant définitivement, dans le Star-Système. Avec son complice Philippe de Broca, il va « gouter » à ses premières cascades dans « Cartouche » (qu’il effectuera quasiment toutes jusqu’à sa retraite…à ses risques et périls d’ailleurs !). Ils feront ensemble « Les Tribulations d’un chinois en Chine »; « L’Homme de Rio »; « Le Magnifique », « L’Incorrigible » (un de mes préférés: « une douzaine d’huitres ! une bouteille de muscadet !…une heure après vous êtes à la maison ! ») et « Amazone » en 2000 (un four intégral ! avec Arielle Dombasle).Ca y’est !  La recette est concue: décontraction, humour, dialogues souvent sous la houlette de Michel Audiard, cascades, pitreries, un copain pas loin et accompagné  toujours d’une belle louloute ! Les Chefs de cuisine, Henri Verneuil (« Mille milliards au soleil », « Week-end à Zuydccoote »« Le Casse » avec Omar Sharif  tourné à Athènes, « Le Corps de mon ennemi », « Peur sur la ville » avec la célébrissime cascade sur le toit d’un métro où Bébel a failli perdre la vie, « Les Morfalous » (avec Jacques Villeret); Jean Becker (« Tendre voyou »« Un homme nommé La Rocca »); Gérard Oury (« Le Cerveau » avec Bourvil et David Niven, « L’As des As »); Georges Lautner (« Flic ou Voyou »; « Le Guignolo », « Le Professionnel », « Joyeuses Pâques » avec la belle Sophie ! et le remake du fillm d’ Henri Decoin « L’Inconnu dans la maison » sans cascades pour le coup), Philippe Labro (« L’Héritier »« L’Alpageur »  avec Bruno Crémer) ou Jacques Deray (« Borsalino » avec Delon, « Le Marginal », « Le Solitaire ») n’avaient plus qu’à sortir les ingrédients et les casseroles. Sauf qu’à la fin, ce fut poussif: un peu réac, anti-gauchiste primaire, plus drôle, Belmondo « s’auto-pariodant ». On regrettait les films d’auteurs dans lesquels il alternait dans les années 60. Heureusement que Bébel a retrouvé, en 1988, son potos Lelouch dans « L’Itinéraire d’un enfant gâté », le théâtre avec son vieux complice Robert Hossein et Bernard Murat (il a aussi acheté en 1991 le théâtre des Variétés) jouant Alexandre Dumas (« Kean »), Edmond Rostand (« Cyrano ») ou Feydeau (« Tailleur pour dame » ou « La Puce à L’Oreille). Les retrouvailles avec Delon, en 1998, dans « Une Chance sur deux » furent ratées par la faute de Patrice Leconte et de son producteur, Christian Fechner (pourtant quel producteur !), la présence de Vanessa Paradis ne pouvant rien faire contre l’absence de scénario. Par contre, Cédric Klapisch l’a fait tourné dans « Peut-être »,en 1999, avec Romain Duris, Géraldine Pailhas, Emmanuelle Devos, Olivier Gourmet et c’est plutôt une agréable surprise (dommage que le Paris sous le sable soit un peu « carton-pâte) . Et puis, malheureusement, le destin a voulu que Bébel ait un AVC en 2001 en Corse pas loin de son « vieux frère » Guy Bedos. Il est, depuis, extrêmement diminué, marchant  et s’exprimant difficilement (Cannes lui a rendu, cette année, un hommage triomphal ). L’artiste a fait un dernier tour de piste en 2009 dans le remake du film néo-réaliste italien « Umberto D » de Vittorio de Sica, rebaptisé« Un homme et son chien », un  nanar de chez nanar que l’on doit à Huster (merci Francis !). Tant pis, en tout cas, cher Monsieur Belmondo, on vous doit de belles interprétations dans des grands films et quelques moments de franche rigolade ! Merci.

Cest qui ???…sa nouvelle infirmière ?!!???