Momo Pialat la tendresse

Maurice Pialat, l'amour existe...10 piges. 10 ans que Maurice Pialat s’est cassé. Le 11 janvier 2003. L’emmerdeur n°1 du cinéma français. Un « casse-couilles de chez casse-couilles » !. Jamais content. Eternellement insatisfait. Aimé et détesté tant par les
Janine Pialatacteurs, les producteurs ou les techniciens. Momo s’est fâché avec « son beauf » Claude Berri (ils ne se parlaient plus depuis…25 ans ??…30 ans ???), Berri qui a tout de même continué à prendre, auprès de Sylvie Pialat, des nouvelles de la santé de son pote jusqu’au jour de 7ac05a027c85e34cb3_jjm6i6wawsa mort . Momo s’est brouillé avec Jean Yanne (qui ne s’est pas laissé faire sur le tournage de « Nous nous vieillirons pas ensemble »). Il a même été foutu de NOUS-NE-VIEILLIRONS-PAS-ENSEMBLEcasser les liens affectueux qu’il entretenait avec Daniel Toscan du Plantier (qui a laissé une partie de sa santé sur « Van Gogh » et qui décéda 1 mois après Pialat en février 2003). Combien de techniciens ont été choisi par lui, viré (mais jamais directement car pas toujours courageux le garenne) puis rappelé (« …j’ai eu la chance de faire un Pialat 1/2″). Un vrai fouteur de merde B1041qui mettait un boxon et une zizanie sur le plateau et dans les relations humaines. Il adorait créer du conflit, trouvait 100 prétextes pour ne pas lançer le moteur (le jeu « mécanique » d’un acteur; un mouvement de figuration figé ou pas naturel; un accessoire inaproprié…). Une anecdote ? Tournage de policePOLICE_MoC_011« Police » dans un bistro du 19 ème ou du 20 ème parisien d’une scène de « fin de déjeuner tardif » entre Gégé-Anconina-Marceau et Pascal Rocard. L’accessoiriste « a dressé » une table avec reliefs dans les assiettes (des restes avec sauce….), verres mi-remplis, miettes sur la nappe…etc. Pialat gueule (« …c’est quoi cette merde !!!…. »), il tire la nappe et tout valdingue par terre ordonnant à trois personnes de 39443401-85f5-4374-be44-000000000297bouffer avec lui. Tout le monde a attendu (payé evidemment) que le Maître mange avec ses « invités » et qu’il soit satisfait de « sa table »: uniquement pour faire chier son monde et probablement gagner du temps car il n’a pas envie ou a la trouille de tourner ce jour-là. Son obsession ???…le réalisme, « faire vrai »: dans les situations, dans les dialogues, le tout avec des vedettes au milieu de la vie et avec du confort (les budgets étaient plutôt conséquents). Le trio de « Police » navigue entre vrais policiers, acteurs venus du porno et d’authentiques truands (qui connaissaient of course très bien les flics-acteurs). Ce mélange mettait en lévitation couv_pialatMomo. le faisant atteindre le nirvana voir l’orgasme. Pervers, manipulateur, séducteur, généreux, drôle et cultivé, à l’aise avec les ouvriers comme avec les bourgeois,  fils (garçu) de paysans auvergnats du Puy-de-dôme, il était encensé par les Maurice Pialatintellos mais il le récusait. Ses succès réguliers en salle et ses prestations télévisuelles faisaient de lui « un bon client » et un cinéaste connu du grand public que l’on peut considérer comme tumblr_m2y8p8yNpt1qhbm6xo1_500populaire. Il adorait provoquer et « se faire passer pour une victime » comme le témoigne sa prestation lors de la remise de la Palme d’Or qu’il a obtenu en 1987 pour « Le Soleil de Satan » sous les sifflets (« …puisque vous ne m’aimez pas, et bien sachez que je ne vous aime pas ! »). Combien de conflits provoqués par sa mauvaise foi et son caractère de cochon ?!? Combien de personnes fachées inutilement à jamais avec Momo ?!? Daniel Auteuil raconte qu’il a travaillé 8 mois sur le rôle de Van Gogh et qu’au cours d’un déjeuner de travail, Pialat l’a poussé à « bout » afin qu’il explose de rage. Auteuil quitta effectivement le resto loulou-1980-tou-02-gfuribard. Sentence du cinéaste: « …Làtellurikwaves-vip-blog-1326046328, il a été bon. Pour une fois« . On connait la suite, c’est Dutronc qui a endossé le costume du célèbre peintre et a obtenu van_gogh_1990_portrait_w858un César pour ce rôle. Le seul acteur qui trouvait grâce à ses yeux, c’était son potos Depardieu. Ils s’adoraient et s’étaient bien trouvé. Gégé naviguait et se sentait très à l’aise sur le plateau, décriptant avant tout le monde ce que souhaitait Pialat et mettant une ambiance « de feu » afin de décontracter l’atmosphère. L’acteur pleure toujours lorsqu’il évoque la complicité qu’il avait avec son ami. Il faut reconnaître que les films « Loulou », « Police »; « Sous le soleil de Satan » et « Le Garçu » ont été important dans la filmographie de Gégé bien que garcu-1995-tou-01-gpour ce dernier film, Pialat très malade, le résultat donne un sentiment « d’inachevé ». Mais  Momo reste et restera un des rares cinéastes européens qui a su capter l’innocence et la sincérité  d’un enfant ou d’un adoslescent (avec 19243921.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLuigi Comencini; François Truffaut; Claude Miller, peut-être Claude Pinoteau ?…), que ce soit le gamin l_enfance_nue,1turbulent de « L’Enfance nue » (avec mémère et pépère), son fils Antoine  tout aussi pia2remuant et plein de vie dans « Le Garçu » ou la jeune fille solaire d‘ « A nos amours », Sandrine Bonnaire. Je n’oublie évidemment pas le imagesfeuilleton que Pialat a réalisé pour la télévision, « La affiche_Maison_des_bois_1971_1Maison des bois » où le réalisateur interprète l’instituteur. La-R-gle-du-jeu-still-001L’aisance des 4065-La-Belle-Equipeenfants, qu’a su mettre en confiance, Pialat est étonnante. C’est son secret et « sa marque de fabrique ».Le naturalisme ?….peut-être. Certains de ses films rappellent le ton libre de « La Grande Illusion » ou de « La Règle du jeu » de Jean Renoir. Celui aussi de « La Belle équipe » de Julien Duvivier. Il sait 0000215_gal_002_medfilmer les silences: la scène  dans « La Gueule ouverte »entre Philippe Léotard et sa mère en écoutant un disque de musique classique est extraordinaire. Il se passe de longues minutes où Léotard clope, sert du café la-gueule-ouverte-4624_L.jpgà sa mère, se gratte les cheveux,la fait rire, regarde le plafond, peu de dialogues mais il se passe quelque chose de magique. Fantastique.

passe-ton-bac-d-abord-aff-1-gSes films traversent les époques (excepté peut-être pour « Passe ton bac d’abord ») avec des dialogues incroyablement modernes et font de Pialat un cinéaste unique et un modèle pour de nombreux réalisateurs actuels et probablement futurs.

16352P.s.: une exposition sur Maurice Pialat a lieu à la Cinémathèque 16518Française jusqu’au 7 juillet 2013. Au menu: des toiles et des dessins peints par le cinéaste; des correspondances (dont une lettre adressée à Richard Anconina); affiches…

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Jean-Paul Belmondo dit « Bébel »

 Bonjour toi,

Jean-Paul Belmondo dit « Bébel ». Notre Bébel national ! Immense vedette. EnoOORme  star du box-office du cinéma français des années 60-70 et une partie des années 80 (il cumule quasi à lui tout seul 130 millions d’entrées). Avec les Louis de Funès et Bourvil, ses « pères » Jean Gabin et Lino Ventura, son « frère » (et un peu rival à une époque !) Alain Delon, sa p’tite soeur Annie Girardot ou une Marlène Jobert ou un Pierre Richard (sur moins d’années). Epoque bénite où « le prochain Belmondo » était annoncé un an à l’avance dans les cinémas et financé  par les exploitants. Belmondo commença à pratiquer la boxe amateur puis bifurqua, en 1950, vers le théâtre où il rentra dans le cours de Raymond Girard avec qui il prépara le concours du Conservatoire. Il échoua par 2 fois et ne fut admis qu’en 1952 dans le cours de Pierre Dux (qui ne croyait pas une seconde au talent du jeune comédien). C’est au Conservatoire que Belmondo rencontra Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Pierre Vernier, Bruno Crémer ou Michel Beaune. Il débuta au cinéma « timidement » à partir de 1956 avec Marc Allégret ou Marcel Carné, s’envola véritablement avec Claude Chabrol  dans « A double tour«  ( ils tourneront ensemble, plus tard,« Docteur Popaul » avec Mia Farrow,  qui reste le plus gros succès de Chabrol au box-office) et surtout avec  Jean-Luc Godard dans le cultissime « A bout de souffle » en 1960 (il avait joué dans son premier court-métrage). Il enchaine ensuite avec Claude Sautet (« Classe tous risques » avec Lino), Louis Malle (« Le Voleur », magnifique, vient de ressortir en salles), François Truffaut (« La Sirène du Mississipi » avec Catherine deneuve), Melville (« Léon Morin, prêtre »; « Le Doulos »; « L’Ainé des Ferchaux »); Peter Brook (sis si « Moderato cantabile » sur un scénar de Marguerite Duras); Jean-Paul Rappeneau (« Les Mariés de l’an II »); Alain Resnais (« Stavisky »), Claude Lelouch (« Un homme qui me plait »; « Les Misérables »). Compagnon de route de la Nouvelle Vague dés le début (sa liberté de jeu et son aisance faisait merveille avec l’esprit  de ces « nouveaux hussards »), Belmondo la délaissa progressivement lorsqu’il  joua dans « Un singe en hiver » d’Henri Verneuil, en 1962, au côté du  » Vieux » (Jean Gabin), devenant une immense vedette et s’installant définitivement, dans le Star-Système. Avec son complice Philippe de Broca, il va « gouter » à ses premières cascades dans « Cartouche » (qu’il effectuera quasiment toutes jusqu’à sa retraite…à ses risques et périls d’ailleurs !). Ils feront ensemble « Les Tribulations d’un chinois en Chine »; « L’Homme de Rio »; « Le Magnifique », « L’Incorrigible » (un de mes préférés: « une douzaine d’huitres ! une bouteille de muscadet !…une heure après vous êtes à la maison ! ») et « Amazone » en 2000 (un four intégral ! avec Arielle Dombasle).Ca y’est !  La recette est concue: décontraction, humour, dialogues souvent sous la houlette de Michel Audiard, cascades, pitreries, un copain pas loin et accompagné  toujours d’une belle louloute ! Les Chefs de cuisine, Henri Verneuil (« Mille milliards au soleil », « Week-end à Zuydccoote »« Le Casse » avec Omar Sharif  tourné à Athènes, « Le Corps de mon ennemi », « Peur sur la ville » avec la célébrissime cascade sur le toit d’un métro où Bébel a failli perdre la vie, « Les Morfalous » (avec Jacques Villeret); Jean Becker (« Tendre voyou »« Un homme nommé La Rocca »); Gérard Oury (« Le Cerveau » avec Bourvil et David Niven, « L’As des As »); Georges Lautner (« Flic ou Voyou »; « Le Guignolo », « Le Professionnel », « Joyeuses Pâques » avec la belle Sophie ! et le remake du fillm d’ Henri Decoin « L’Inconnu dans la maison » sans cascades pour le coup), Philippe Labro (« L’Héritier »« L’Alpageur »  avec Bruno Crémer) ou Jacques Deray (« Borsalino » avec Delon, « Le Marginal », « Le Solitaire ») n’avaient plus qu’à sortir les ingrédients et les casseroles. Sauf qu’à la fin, ce fut poussif: un peu réac, anti-gauchiste primaire, plus drôle, Belmondo « s’auto-pariodant ». On regrettait les films d’auteurs dans lesquels il alternait dans les années 60. Heureusement que Bébel a retrouvé, en 1988, son potos Lelouch dans « L’Itinéraire d’un enfant gâté », le théâtre avec son vieux complice Robert Hossein et Bernard Murat (il a aussi acheté en 1991 le théâtre des Variétés) jouant Alexandre Dumas (« Kean »), Edmond Rostand (« Cyrano ») ou Feydeau (« Tailleur pour dame » ou « La Puce à L’Oreille). Les retrouvailles avec Delon, en 1998, dans « Une Chance sur deux » furent ratées par la faute de Patrice Leconte et de son producteur, Christian Fechner (pourtant quel producteur !), la présence de Vanessa Paradis ne pouvant rien faire contre l’absence de scénario. Par contre, Cédric Klapisch l’a fait tourné dans « Peut-être »,en 1999, avec Romain Duris, Géraldine Pailhas, Emmanuelle Devos, Olivier Gourmet et c’est plutôt une agréable surprise (dommage que le Paris sous le sable soit un peu « carton-pâte) . Et puis, malheureusement, le destin a voulu que Bébel ait un AVC en 2001 en Corse pas loin de son « vieux frère » Guy Bedos. Il est, depuis, extrêmement diminué, marchant  et s’exprimant difficilement (Cannes lui a rendu, cette année, un hommage triomphal ). L’artiste a fait un dernier tour de piste en 2009 dans le remake du film néo-réaliste italien « Umberto D » de Vittorio de Sica, rebaptisé« Un homme et son chien », un  nanar de chez nanar que l’on doit à Huster (merci Francis !). Tant pis, en tout cas, cher Monsieur Belmondo, on vous doit de belles interprétations dans des grands films et quelques moments de franche rigolade ! Merci.

Cest qui ???…sa nouvelle infirmière ?!!???