en vrac 139

481847_10151321435008792_1470653990_nSalut les nazebroques,

Un peu de retard pour « en vrac » cette semaine mais rien de grave (et puis surtout je m’en fous !!!).

9910000001741_cgRéjouissant. La enième redif, hier soir sur France 2, des « Tontons Flingueurs » de Lautner a réuni 5.345.000 de téléspectateurs, les faisant rois du prime-time. Ca fait doublement plaisir car il faut reconnaître que le service public ne Georges-LAUTNER-2012-MANUFACTOR-1024x681passe quasiment plus du noir & blanc à 20h40. Mis à part Arte, il faut aller (depuis des lustres !) sur Paris-Cremière ou les chaines de Canal+ ou celles d’Orange pour voir des films du répertoire mondial des années 20 (euheuh…);-30-40-50 et 60. C’est fort dommageable car à force d’abandonner ses nombreuses prégoratives (telles que la transmission), le service public ne répond plus, à 35325077mon sens, à sa mission de « passeur » et contribue à l’oubli de centaines de milliers de films. « The Artist » a beau fait 3 millions de spectateurs en France ( et « Hugo Cabret » plusieurs dans le monde), cela ne suffira pas à inciter les gamins à voir un Murneau, un Becker, un Griffith, un Renoir ou un Georges Méliès. « Le Cinéma de Minuit » programmé par Patrick Brion sur France 3 Le-Cycliste-tontons-flingueurs-2-Da-Costa-affiche-posterest diffusé vraiment vers minuit-et-des-bananes, « Le Ciné-Club » est relégué vers 1 heure du matin, il n’y a plus « La dernière séance » de Schmoll depuis 16 ans ni tonton Tchernia et son « Mardi Cinéma » ou « les Dossiers de l’écran » sur la deux. Si le gamin n’a pas reçu par ses parents une éducation minimale de cinéma, si l’Education Nationale ne remet plus les ciné-clubs au goût du jour, je crains vraiment qu’un pan entier de cinéma(s) tombera aux oubliettes.

4447281-rtl-ressuscite-son-vivreensemble-pour-diapo-2Le feuilleton à l’UMP ne débande pas. Copé, re-autoproclamé président malgré les nombreuses irrégularités, veut bien organiser des nouvelles élections mais dans 2 ans ! Fillon lui les veut d’ici 3 mois sinon il maintient son groupe parlementaire le « RUMP » et provoque donc l’explosion du parti. Comme le dit la chanson de Prévert, « …les enfants qui s’aiment… ».

…bonne semaine.

Hommage(s)

Hello les p’tits luUUps !

Profitant de la sortie du dernier Scorsese « Hugo Cabret » et du triomphe mondial de « The Artist » et de la performance de Jean Du(duj)jardin (film qui ressort en France sur 200 copies mercredi 25 janvier), flash-back sur des films qui ont rendu hommage au cinéma au sens large:  un style, un genre,un metteur en scène, un producteur, un acteur…

C’est donc le cas de « Hugo Cabret » où Martin Scorsese rend hommage, à travers l’itinéraire et l’érrance d’un petit garçon, au génialissime créateur Georges Méliès, tombé dans la chagrin et la misère, condamné à vendre des jouets dans une gare (celle de Montparnasse dans la réalité). On oublie trop ce que nous devons à tonton Georges en terme de tours de magie, des premiers effets spéciaux, d’utilisation de décors « mécaniques ». Scorsese refait vivre le célèbre studio créé et situé à Montreuil en Seine Saint-Denis. On y voit la reconstitution du film « Le voyage sur la lune ». Ben Kingsley apporte une humanité et un regard d’enfant au personnage de Méliès.

On ne dira jamais assez du bien de la réussite artistique de  » The Artist  » qui séduit tout à la fois le public, les critiques et « le métier ». Et ce en France, aux USA et en Angleterre. Jean Dujardin a raflé 3 prix (prix d’interprétaion à Cannes; aux Golden Globes et aux London Film Critics’ Circle Awards) et emporte l’auditoire en
refaisant « vivre » Douglas Fairbanks  ou en esquissant quelques pas de danse comme dans le film. Projet gonflé et couillu que ce film qui a failli ne pas se faire: « oh pis peut-être en Hongrie…et puis ah y’est !… on a l’accord d’un studio américain…John Goodman est ok…Quoi !! on va à Cannes ?!?..ah, sélectionné en hors-compétition ?…bon. En compétition finalement ??!?…mais c’est géniAALLL !!!! ». Saluons l’obstination du metteur en scène, Michel Hazanavicius et de son producteur Thomas Langman (fils de Claude Berri) qui ont du connaître « de grands moments de solitude ». Quel plus bel hommage au cinéma muet hollywoodien des années 20 que ce film ?!? On croise les doigts pour vous pour les Oscars !

Hommages et clins d’oeil à Ernst Lubitsch (pour « High society ») et à Sir Alfred Hitchcock (« Notorius ») que Chabrol honore avec son opus « Rien ne va plus » (1997), tourné en
France, en Suisse et en Guadeloupe. Woody Allen est un dingo du cinéaste suédois, Ingmar Bergman et il s’est permis d’aller dans son univers avec « Comédie érotique d’une nuit d’été ». Etant un grand cinéphile dans l’âme, le plus célèbre réalisateur new-yorkais a aussi rendu hommage à la comédie musicale avec « Tout le monde dit I love you »; au cinéma muet avec « La Rose pourpre du caire »,  à la comédie policière (« Meurtres mystérieux à Manhatan »).

Roman Polanski s’est amusé dans « Frantic » « à filmer » Paris comme le filmaient les Billy Wilder (« Ariane« ; « Sabrina »), Stanley Donen (« Charade »); Vincente Minnelli ( » Un Américain à Paris »; « Les 4 jours de l’apocalypse »; « Gigi » )William Wyler (« Comment voler un million de dollars ») ou Sydney Pollack (« Sabrina »).

Clint Eastwood avec son « Impitoyable » ou Kevin Costner avec « Open range » rendent hommage aux westerns de John Ford ou Antony Mann.

Louis Malle avec « Milou en Mai » a tiré son chapeau à Jean Renoir et son « Déjeuner sur l’herbe ». La liste est longue et je préviens déjà Tétard Volcanique qu’il n’y aura pas de « Hommage(s): le retour » (je sens qu’il va me gonfler avec les épisodes de « Pirates des Caraibes »; « Les Cadavres ne portent pas de costards »; « Frankenstein junior »; « The Rocky Horror picture show », « Machette » ou « Indiana Jones ». Ce à quoi je lui répondrai: et les films du hong-kongais Johnnie To ?, et celui génial du coréen Jim Jee-woon « Le bon, la brute et le cinglé »  ?….et « The Player » de Bob Altman, tu l’as surement oublié celui-là ?!?). C’est décidé, je m’en tiens là. Pas de polémiques inutiles.

Muet

Salut les kids

Profitant de l’actualité cinématographique automnale, avec la sortie du film muet de Serge Hazanavicius « The artist » avec Jean Dujardin et Bérénice Béjo, retour sur la première époque du cinéma mondial, celle de l’âge d’or, qui débuta en 1895 pour s’éteindre en 1927. Ces pionners se nomment les frères Lumière (« L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat »-1895), Cecil B. De Mille, Sergueï Eisenstein, D.W Griffith; Georges Méliès,Hitchcock, Eric von Stroheim,  Jean Renoir, Raoul Walsh; Ernst Lubitsch,Michael Curtiz, Louis Feuillade, F.W. Murnau; Mack Sennett, Fritz Lang, Luis Bunuel, Pabst, Frank Borzage, John Ford, Kenji Mizoguchi, Abel Gance, Tod Browning, Jacques Feyder…

John et Lionel Barrymore, Louise Brooks,  Max Linder (1er comique français apparu en 1910 qui inspira Charlie Chaplin), Joan Crawford, Douglas Fairbanks, Greta Garbo, Lilian Gish, Laurel et Hardy, Buster Keaton, Harold Llyod, Mary Pickford, Gaston Modot, Gloria Swanson, Rudolph Valentino, les Max Brothers,et of course, Charlie Chaplin ont fait rêver des millions de spectateurs (il est vrai que le cinéma à cette époque était bon marché !). On allait au cinéma comme on va faire ses courses. Un orchestre accompagnait « en live » le film. C’était un véritable « cérémonial ». On y voyez des épopées, des grandes fresques, de   » l’eau de rose « , du comique…beaucoup de comique.

Ce sont les forains qui se sont d’abord emparés du cinéma puis les « industriels » comme les frères Warner; Mayer, Léon Gaumont (fabricant d’appareils de projections, de jumelles…) ou Pathé ont mis « le grappin dessus ». Les acteurs, réalisateurs, producteurs, techniciens, exploitants, fabricants américains ou européens ont tout inventé: les caméras, les appareils de projection, les décors, les premières techniques de jeu; les mouvements de foule (« Naissance d’une Nation »; « Cléopatre »...), les tournages avec les animaux (voir Charlot dans « Une vie de chien », film de 8 bobines où un chien rentre dans la poche de Chaplin pour ensuite en ressortir par le bas de son pantalon…etonnant !), avec les enfants (« The Kid »…), les cascades (« Monte là-dessus » de Harold Lyod ou « le Mécano de la Générale » de Buster Keaton). Si vous regardez « Die Nibelungen » de Fritz Lang (1924), vous verrez que le père Spielberg a piqué une idée fondatrice pour son « Indian Jones ».

Georges Méliès fut tout cela à la fois (excepté peut-être fabricant de caméra): magicien, prestigitateur ( il fonda l’Académie de Prestidigitation,), illusionniste, producteur, scénariste,réalisateur, patron d’un studio ( à Montreuil en Seine Saint-Denis), « bidouilleur et bricoleur à la Mc Gyver », il a été l’un des premiers à créer des trucages (il se saurait « éclaté » avec le numérique et la 3D !), ses films sont géniaux (plus de 600 films) et certains sont visibles sur dvd car Méliès, ruiné et veuf, fut contraint de vendre son studio et ses films à des forains ou des collectionneurs privés. Dans le désespoir, il brula son stock personnel de films et finit marchand de bonbons .  C’est un grand bonhomme dont les Minnelli, Lucas, Spielberg, Peter Jackson and & co doivent beaucoup. Georges Méliès est un des personnages du prochain film de Martin Scorsese, « Hugo Cabret », tourné en 3D (je n’en peux plus !) qui sort le 14 décembre 2011. Ben Kingsley en est l’interprète.

Et pis donc, le parlant est arrivé vers 1926-1927 avec 2 films de Al Jolson: « Don Juan » (1926) et surtout « Le Chanteur de jazz » (1927). Et ce fut fatal pour beaucoup d’acteurs, dramatique même (c’est ce que raconte « The artist »). Incapables de s’adapter à ce changement, trop dur ou dotés d’une voix épouvantable, certains s’en sont tout de même très bien sortis (les comiques, Garbo…). Voyez l’immense film de Billy Wilder, « Sunset boulevard » où Gloria Swanson campe une gloire déchu du Muet au côté de l’un de ses réalisateurs « fétiches », devenu son « homme  à tout faire et souffre douleur », joué par Eric von Stroheim. Un jour, Cecil B. DeMille leur rend visite…tout simplement sublime !