François Truffaut

Francois_TruffautLe 21 octobre 1984, François Truffaut nous quittait endeuillant le cinéma français et mondial à jamais. 21 films au compteur (plus les courts-métrages) dont certains ont marqués plus de deux générations de spectateurs, les_mistons(cinéphiles ou non), certaines oeuvres rencontrant de véritables triomphes populaires. C’est la force des grands cinéastes: avoir un univers à soi, une « musicalité » (dans les dialogues,le découpage technique,le phrasé des acteurs, le montage…) artworks-000004916857-lz78xg-cropqui touche et emporte à la fois le public et la critique. La liste cinema_renoir_e_truffautest longue: Jean Renoir, Fritz Lang, Vincente Minnelli, Jean Vigo, D.W. Griffith, Jacques Becker, Raoul Walsh, Jacques Tati, John Ford, Ernst Lubitsch, Jean Grémillon, Cecil B Demille, Murnau, Chaplin,  …et et ET A-Nouvelle-Vague-Desktop-Image!!…Sir Alfred Hitchcock !!! Justement c’est LE cinéaste adoré et adulé par François et sa bande de copains rencontrée à la Cinémathèque à partir de 1947-48: Claude Chabrol, Jean-Luc Les 400 CoupsGodard, Eric Rohmer, Jacques Rivette, Jacques Rozier…et quelques autres. Devenus critiques (dont au « Cahier du Cinéma ») et pour certains animateurs de Ciné-Clubs et attaché de presse, chacun de ces lascars a contribué à réhabiliter la fonction de metteur en scène comme patron, artisan, décideur, façonneur de son film !!  Une de leur bataille est de « faire reconnaître » Hitchcock comme un 9782070735742abc-09c97cinéaste-auteur même si il est très populaire (un des premiers réalisateurs à être reconnu dans la rue car il apparait dans ses films et qu’il passe à la télé) et qu’il fait tumblr_mdlhair7JR1qbsbnoo2_500régulièrement des millions d’entrées aux Etats-Unis et dans le monde. Cela donnera en 1962 un livre d’entretiens foisonnant, détaillé et passionnant « Hitchcock Truffaut » qui fait encore aujourd’hui référence.

201403271030-fullVirulent, féroce, parfois injuste dans ses critiques (cf l’article « Une certaine tendance du cinéma » fustigeant les Claude Autant-Lara, Jean Gabin, les scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost, 009-jean-pierre-leaud-theredlistles films tournés en studio…), c’est son père « spirituel » 006-jean-pierre-leaud-theredlistAndré Bazin, le Pape de la Critique, qui lui a conseillé la nuance et la distance dans ses propos. Bazin héberge François, l’éduque et le forge (ses parents génétiqies l’ont délaissé laissant l’éducation de
leur fils à une grand-mère). L’enfant est turbulent et rebelle, le copié-collé de Jean-Pierre Léaud des « Quatre-Cents Coups »  est flagrant !…nourri par son amitié qu’avait « la Truffe » 19_truffaut-theredlist(dixit Pierre Grimblat) pour son potos Robert Lachenay, relation d’enfance que résume parfaitement le titre du film…enfance que le cinéaste mettra au centre de nombreux films. En effet, Truffaut fait partie des quelques metteurs en scène  comme Pialat, Comencini, Jacques Doillon, Chaplin bien sûr, affiche-l-enfant-sauvage-829ccargent-de-pocheSpielberg aussi, probablement Louis Malle, qui sont très à l’aise « à diriger » des enfants, qui plus est sans expériences voir aux caractères difficiles: s’ajoute aux « Quatre-Cents », « L’Enfant sauvage » et « L’Argent de poche » tous deux tournés en Auvergne.Ils sont peu nombreux à avoir ce talent là, d’autant plus que les enfants sont impatients et se lassent vite du tournage (je l’ai vécu plusieurs fois).

006_fanny-ardant-et-francois-truffaut_theredlistTruffaut aimait donc les enfants mais aussi, je dirais SURTOUT…les femmes !!! De sa vie, ses filles et les actrices ( il en était très amoureux).Elles le lui ont bien rendu et le lui ont été reconnaissantes des rôles fabuleux qu’il leur a offert: de Catherine 1836903_10153261792503776_1311916783484429396_ofilm-le-dernier-metro18Deneuve (« La Sirène du Mississippi »; « Le dernier métro ») à Nathalie Baye (« La nuit la-mariee-etait-en-noir-818américaine »; « La Chambre verte ») à Jeanne Moreau (« Jules et Jim »; « La Une Belle fille comme moimariée était en noir ») à Bernadette Laffont (« Une belle fille comme moi ») en passant par Jacqueline Bisset (« La nuit américaine »); fanny_284679911_north_522xIsabelle Adjani 532339_10201136190188716_647099893_n(« La vie d’Adèle H. ») et bien sûr affiche_Femme_d_a_cote_1981_2afficheFanny Ardant (« La femme d’à côté »; « Vivement dimanche »). Je pense aussi à sa collaboratrice la plus fidèle, Suzanne Schiffman qui fut our-à-tour scripte, assistante, scénariste, directrice artistique, productrice au sein de la compagnie de film de Truffaut « Les Films du Carrosse ».

la-peau-douceLes hommes n’ont pas eu non plus à se plaindre du père François: Jean-Pierre Léaud, Jean Desailly, Belmondo, Charles Denner, Depardieu, Bemondo-BouquetJean-Louis Trintignant pour les premiers rôles, Michel Bouquet, André Dussolier, Jean-Louis Richard, Jean Jean PoiretPoiret pour les seconds rôles ont tous été gâté par les scénariis de Truffaut.

Pour conclure, François Truffaut aimait follement la vie, le cinoche, ses actrices, ses acteurs et ses 19639techniciens Il a laissé une oeuvre romanesque, identifiable et reconnue dans le monde entier. La Cinémathèque Française lui rend hommage par une exposition-fleuve dont elle a un réel savoir-faire (cf expositions Guitry, Jacques truffaut-couv-jpgDemy, Pialat, Tim Burton…). Pour finir, une citation de Gérard Depardieu recueillie pour le supplément hors-série « Le Point » : « François Truffaut manque non seulement beaucoup au cinéma français, mais aussi à la vie. J’ai retrouvé truffaut-dirigeant-gerard-depardieu-et-fanny-ardant-a-grand-place-grenoble-lors-du-tournage-de-quot-la-femme-d-a-cote-quot-en-1981-photo-ledl-archivesFanny Ardant cet été au théâtre en Lettonie, dans « La Musica Deuxième » de Marguerite Duras. Pour nous deux, c’était un peu le prolongement de « la femme d’à côté » . François était vraiment un homme qui aimait les femmes et celles qu’il a choisie lui ressemblaient, qu’il s’agisse de Madeleine ou de Fanny. J’aimais son rire franc de gamin. Il faisait un cinéma de voyou avec le sourire et une sincère joie de vivre. » – le 5 septembre 2014.

 

Momo Pialat la tendresse

Maurice Pialat, l'amour existe...10 piges. 10 ans que Maurice Pialat s’est cassé. Le 11 janvier 2003. L’emmerdeur n°1 du cinéma français. Un « casse-couilles de chez casse-couilles » !. Jamais content. Eternellement insatisfait. Aimé et détesté tant par les
Janine Pialatacteurs, les producteurs ou les techniciens. Momo s’est fâché avec « son beauf » Claude Berri (ils ne se parlaient plus depuis…25 ans ??…30 ans ???), Berri qui a tout de même continué à prendre, auprès de Sylvie Pialat, des nouvelles de la santé de son pote jusqu’au jour de 7ac05a027c85e34cb3_jjm6i6wawsa mort . Momo s’est brouillé avec Jean Yanne (qui ne s’est pas laissé faire sur le tournage de « Nous nous vieillirons pas ensemble »). Il a même été foutu de NOUS-NE-VIEILLIRONS-PAS-ENSEMBLEcasser les liens affectueux qu’il entretenait avec Daniel Toscan du Plantier (qui a laissé une partie de sa santé sur « Van Gogh » et qui décéda 1 mois après Pialat en février 2003). Combien de techniciens ont été choisi par lui, viré (mais jamais directement car pas toujours courageux le garenne) puis rappelé (« …j’ai eu la chance de faire un Pialat 1/2″). Un vrai fouteur de merde B1041qui mettait un boxon et une zizanie sur le plateau et dans les relations humaines. Il adorait créer du conflit, trouvait 100 prétextes pour ne pas lançer le moteur (le jeu « mécanique » d’un acteur; un mouvement de figuration figé ou pas naturel; un accessoire inaproprié…). Une anecdote ? Tournage de policePOLICE_MoC_011« Police » dans un bistro du 19 ème ou du 20 ème parisien d’une scène de « fin de déjeuner tardif » entre Gégé-Anconina-Marceau et Pascal Rocard. L’accessoiriste « a dressé » une table avec reliefs dans les assiettes (des restes avec sauce….), verres mi-remplis, miettes sur la nappe…etc. Pialat gueule (« …c’est quoi cette merde !!!…. »), il tire la nappe et tout valdingue par terre ordonnant à trois personnes de 39443401-85f5-4374-be44-000000000297bouffer avec lui. Tout le monde a attendu (payé evidemment) que le Maître mange avec ses « invités » et qu’il soit satisfait de « sa table »: uniquement pour faire chier son monde et probablement gagner du temps car il n’a pas envie ou a la trouille de tourner ce jour-là. Son obsession ???…le réalisme, « faire vrai »: dans les situations, dans les dialogues, le tout avec des vedettes au milieu de la vie et avec du confort (les budgets étaient plutôt conséquents). Le trio de « Police » navigue entre vrais policiers, acteurs venus du porno et d’authentiques truands (qui connaissaient of course très bien les flics-acteurs). Ce mélange mettait en lévitation couv_pialatMomo. le faisant atteindre le nirvana voir l’orgasme. Pervers, manipulateur, séducteur, généreux, drôle et cultivé, à l’aise avec les ouvriers comme avec les bourgeois,  fils (garçu) de paysans auvergnats du Puy-de-dôme, il était encensé par les Maurice Pialatintellos mais il le récusait. Ses succès réguliers en salle et ses prestations télévisuelles faisaient de lui « un bon client » et un cinéaste connu du grand public que l’on peut considérer comme tumblr_m2y8p8yNpt1qhbm6xo1_500populaire. Il adorait provoquer et « se faire passer pour une victime » comme le témoigne sa prestation lors de la remise de la Palme d’Or qu’il a obtenu en 1987 pour « Le Soleil de Satan » sous les sifflets (« …puisque vous ne m’aimez pas, et bien sachez que je ne vous aime pas ! »). Combien de conflits provoqués par sa mauvaise foi et son caractère de cochon ?!? Combien de personnes fachées inutilement à jamais avec Momo ?!? Daniel Auteuil raconte qu’il a travaillé 8 mois sur le rôle de Van Gogh et qu’au cours d’un déjeuner de travail, Pialat l’a poussé à « bout » afin qu’il explose de rage. Auteuil quitta effectivement le resto loulou-1980-tou-02-gfuribard. Sentence du cinéaste: « …Làtellurikwaves-vip-blog-1326046328, il a été bon. Pour une fois« . On connait la suite, c’est Dutronc qui a endossé le costume du célèbre peintre et a obtenu van_gogh_1990_portrait_w858un César pour ce rôle. Le seul acteur qui trouvait grâce à ses yeux, c’était son potos Depardieu. Ils s’adoraient et s’étaient bien trouvé. Gégé naviguait et se sentait très à l’aise sur le plateau, décriptant avant tout le monde ce que souhaitait Pialat et mettant une ambiance « de feu » afin de décontracter l’atmosphère. L’acteur pleure toujours lorsqu’il évoque la complicité qu’il avait avec son ami. Il faut reconnaître que les films « Loulou », « Police »; « Sous le soleil de Satan » et « Le Garçu » ont été important dans la filmographie de Gégé bien que garcu-1995-tou-01-gpour ce dernier film, Pialat très malade, le résultat donne un sentiment « d’inachevé ». Mais  Momo reste et restera un des rares cinéastes européens qui a su capter l’innocence et la sincérité  d’un enfant ou d’un adoslescent (avec 19243921.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLuigi Comencini; François Truffaut; Claude Miller, peut-être Claude Pinoteau ?…), que ce soit le gamin l_enfance_nue,1turbulent de « L’Enfance nue » (avec mémère et pépère), son fils Antoine  tout aussi pia2remuant et plein de vie dans « Le Garçu » ou la jeune fille solaire d‘ « A nos amours », Sandrine Bonnaire. Je n’oublie évidemment pas le imagesfeuilleton que Pialat a réalisé pour la télévision, « La affiche_Maison_des_bois_1971_1Maison des bois » où le réalisateur interprète l’instituteur. La-R-gle-du-jeu-still-001L’aisance des 4065-La-Belle-Equipeenfants, qu’a su mettre en confiance, Pialat est étonnante. C’est son secret et « sa marque de fabrique ».Le naturalisme ?….peut-être. Certains de ses films rappellent le ton libre de « La Grande Illusion » ou de « La Règle du jeu » de Jean Renoir. Celui aussi de « La Belle équipe » de Julien Duvivier. Il sait 0000215_gal_002_medfilmer les silences: la scène  dans « La Gueule ouverte »entre Philippe Léotard et sa mère en écoutant un disque de musique classique est extraordinaire. Il se passe de longues minutes où Léotard clope, sert du café la-gueule-ouverte-4624_L.jpgà sa mère, se gratte les cheveux,la fait rire, regarde le plafond, peu de dialogues mais il se passe quelque chose de magique. Fantastique.

passe-ton-bac-d-abord-aff-1-gSes films traversent les époques (excepté peut-être pour « Passe ton bac d’abord ») avec des dialogues incroyablement modernes et font de Pialat un cinéaste unique et un modèle pour de nombreux réalisateurs actuels et probablement futurs.

16352P.s.: une exposition sur Maurice Pialat a lieu à la Cinémathèque 16518Française jusqu’au 7 juillet 2013. Au menu: des toiles et des dessins peints par le cinéaste; des correspondances (dont une lettre adressée à Richard Anconina); affiches…

Lettre à gros Gégé

Cher Gérard,

gerard-depardieu-20060622-138953J’ai du mal à vous défendre ces derniers temps, beaucoup de mal même. J’ai tout entendu sur vous: goujat, ivrogne, goret, vulgaire, pêteur, plotteur de seins, comédiennes ou figurantes chahutées, zigounette montrée à la moitié « du gerard-depardieu-plmétier », usage du téléphone portable durant les prises…mais aussi doux, gentil, attentif, drôle, cultivé, EXTRAIT DU FILM "LES VALSEUSES"           AVEC PATRICK DEWAERE ET GERARD DEPARDIEU.généreux (capable d’inviter qui de l’équipe dans la meilleure table Depardieu-Unesco-Gastronomie-Depardieu-Unesco-Gastronomiegastronomique de la ville !), rassurant par votre stature, acteur maitrisant admirablement la technique (et donc « une épaule » pour un jeune metteur en scène). Je travaille dans le cinéma-téléfilms depuis 20 ans mais n’ai RO20098167jamais eu la chance (?), la joie (?) de tourner avec vous. Je vous promets que si j’ai voulu « en être », c’est pour croiser les 79579.gifChabrol, Sautet, Demy, Pialat, Truffaut , Lelouch, Tavernier ou affiche-URANUSClaude Berri mais aussi Michel Serrault, Deneuve, Belmondo, Ventura, gerard-depardieu-20060902-1577781714562,J8pewl_AL5lVjAz0EF78Zj+1+ep9VZmtno7d6guTTjRw+7oNmxMioOI6kztYzm9gPGnkVBCfYYeZ3H8jcyq0DA==Adjani, Coluche, Suzanne Flon,Montand, Annie Girardot, Claudia 0850_p-20050223-008GWV_0KEHBKYXCardinale, Delon, Noiret, Sophie Marceau, Bernard 0000271_gal_004_medBlier, Rochefort…et vous !!  Citons dans le désordre: « Les Valseuses »; « Barocco », [MEGAUPLOAD] [DVDRIP] Sept morts sur ordonnance [FRENCH]« Sept morts sur ordonnance »; « Police »; « Jean de Florette »; « Le choix des armes »; « Buffet froid »; « Rêve de singe »; » Loulou »; « Le Sucre« ; « La depardieu-deneuveChèvre » (et ses suites);  « Le dernier métro »;  « La Femme d’un fugitifs-01-gcôté »…j’en 46f86697c9ff5oublie ? « Le retour de Martin Guerre »; « Rive droite, rive gauche »; « Fort Saganne »; « Uranus »« Sous le soleil de Satan »; « Le colonel Chabert »; « Mon père ce héros »« Le 46f8832557275Garçu »; « Green card »; « Un pont entre 2 rives »;
drole-d-endroit-pour-une-ii03-g« Danton »; « Drôle d’endroit pour une rencontre »; « Tenue de soirée »; « Camille Claudel »; cyrano-de-bergerac_08-c-benoit-barbier« Elisa »
…et bien sûr, j’allais l’oublier « Cyrano » de Jean-Paul Rappeneau (sacrilège !!!). et c’est tout ??…non. Contrairement à ce ELISA-1994_portrait_w858que je lis ces derniers jours ( en particulier, un article dans le « Libé » d’hier intitulé « Gérard Depardieu: un acteur au Rabelais »), vous n’auriez rien fait de bien cette dernière décennie excepté « Mammuth » des deux gugusses Delépine & Kenvern (ça se discute car il n’y a pas de scénar, juste une « accumulation » de sketches !). Faux ! Archi faux !!. Il y a: 01« Quand j’étais chanteur » et « A l’origine » de Xavier Giannoli; « La Tête en friche » de mesrine1_4Jean Becker; « Bellamy » de Chabrol; « Potiche » de François Ozon où en député communiste indécrottable, vous retrouvez un amour de jeunesse; « Mesrine » de Jean-François Trichet (second rôle); votre participation dans 18854« La Môme » de Olivier Dahan. Enfin, vous êtes crédible dans Obélix (les films beaucoup moins, exception faîte du Chabat !). Votre problème n’est pas que vous n’êtes plus un grand acteur (vous l’êtes !) mais que vous tournez n’importe quoi 10 mois de l’année: votre amour (?), besoin (?) d’argent vous fait accepter n’importe quelque nanar (premier rôle comme participation secondaire ou exceptionnelle):  137_ph1.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx« Bogus »; « Les 102 Dalmatiens »; « 1492: Christopher bogusCollomb »; « My vater this hero »; « Vatel » (ah ça c’était le grand rêve de « la carrière américaine » !) mais aussi « XXL »; « Bimboland »; vidocq_2000_portrait_w858« Vidocq »; « L’autre Dumas »; « Astérix III »; « Aime ton père »; « Blanche »; « San Antonio »; « Boudu »; « Je préfère qu’on reste amis »; « Michou d’Auber »; « Disco »….la liste est longue. 20120312PHOWWW00110Probablement les impôts. Et puis aussi: investissements dans la recherche de pétrole autour de Cuba avec vos potes Castro depardieu-gerard.net Gérard Bourgoin (le roi du poulet); des vignes en Anjou et dans le Languedoc (et au Maroc je crois), des baraques partout, des restaurants et des hôtels (vous faîtes travailler, je crois, environ 80 employés), des placements merdiques dans 20120312PHOWWW00111l’Europe de l’Est (Sarko vous a plusieurs fois « sauvé » du gouffre !!) et j’en oublie surement ! Vous êtes un ogre, Monsieur Depardieu ! 140 ? 150 kilos ? Vous allez exploser !! StoOOOOp !!! On arrête le jaja, l’épais saignant, le frometon et on se met fissa aux produits de la mer !!! et cuits à la vapeur hein ???? Pas au beurre et à la crème !!!

10781_1287132054_Mission-Shangai-DepardieuMais plus ca va, plus le plaisir diminue de vous rencontrer: soutiens à Poutine; Castro, Georges Frêche; les dictateurs tchétchéne et ouzbek (Ramzan Kadyrov et Islam Karimov); votre comportement aviné dans un avion, votre « parcours  politique » cynique et intéressé (de 20120312PHOWWW00109Mitterrand à Sarko…mais vous n’êtes pas le seul !)….la lassitude me vient soudainement. Ras-le-bol de vous voir dans la rubrique « Faits divers » ou lire vos propos sur la France ou Juliette Binoche. Vous crachez un peu trop dans la soupe monsieur Depardieu Oui vous détestez Hollande et son taux de 75 % pour les revenus de plus d’1 million d’euros. Oui c’est un impôt LpjLy9UDgmZ13n4_mIxCZjl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB_Rd1H6kmuBWtceBJexorbitant. Mais c’est exceptionnel et pour 2 ans !! Because c’est la crise !! Même Sardou est ok pour le payer, estimant qu’il faut être patriote en temps de 287--LISE_0020crise. Pas vous. Comme de nombreux artistes et chefs d’entreprises. Dommage. Décevant de votre part (votre amie Barbara doit être chagrinée). Alors bienvenue en Belgique, et mollo sur la cervoise, les moules et les frites !

GG2P.s.: Ci-joint la lettre violente que le comédien Philippe 462707Torreton adresse à Depardieu (publiée dans le « Libé » du mardi 18 décembre 2012)…et la réponse cinglante de Catherine Deneuve.

en vrac 105 // Spécial Claude Miller

Bonjour toi

Eva Joly est tombée d’un escalier à la sortie d’un cinéma, elle a vu  quoi ??… »Elephant man » ?

Ok,je sais, c’est facile

Après Rohmer, Chabrol, Corneau, Schoendoerffer,  Claude Miller rejoint le cortège funèbre des cinéastes français importants qui nous ont quitté ces deux dernières années.. C’était mercredi soir à 70 ans. Il n’achèvera  pas les finitions de son dernier film, « Thérèse D. », d’après l’oeuvre de François Mauriac, avec la Tautou et Gilles Lellouche. A la sortie de l’IDHEC, il croise François Truffaut qui en fera son directeur de production et deviendra « sa référence » jusqu’à reprendre un synopsis de celui-çi, « La Petite Voleuse » en 1988. Cinéma d’auteur aux confins du populaire et du romanesque flamboyant (je me lâche ce matin !), Claude Miller n’avait pas peur de se confronter aux stars du cinéma français: son « Garde à vue », en 1981, avec Lino, Serrault et la sublime Romy en témoigne. Dialogué au cordeau et « aux petits oignons » par un Michel Audiard très en forme, c’est un combat de coqs qui vous tient en haleine durant 90 minutes. Magistral ! Déjà son premier opus, en 1976, « Ma meilleure façon de marcher » témoignait d’une originalité dans son sujet (le harcèlement, le droit à la différence) en révélant Patrick Bouchitey au côté de Patrick Dewaere. Il avait le flair pour découvrir le talent caché chez des jeunes acteurs et actrices (y compris chez « les filles de » !). Si Charlotte Gainsbourg est devenue une grande comédienne (après sa courte expérience en 1984  sur le oubliable « Paroles et Musique » de Eli Chouraqui), c’est probablement aussi, un peu par « la faute » de Miller. « L’Effrontée », en 1985, a marqué une génération. « …la petite Charlotte » nous a ému aux côtés de Bernadette Laffont et Jean-Claude Brialy. Il en fit de même, en moins convaincant, avec Romane Bohringer dans »L’Accompagnatrice » en 1992. Cinéaste au gouts éclectiques (18 films dont un co-réalisé en 2099 avec son fils Nathan), il a adapté aussi bien Tchekhov (« La Petite Lili »), la romancière anglaise Ruth Rendell (« Betty Fichser… ») ou l’américain John Wainwright. Il ne parvint  pas à monter financièrement un « Nana » d’après Emile Zola. C’est un grand metteur en scène qui a beaucoup donné aux acteurs, techniciens et au public. Le cinéma français est en deuil aujourd’hui.

Jean-Paul Belmondo dit « Bébel »

 Bonjour toi,

Jean-Paul Belmondo dit « Bébel ». Notre Bébel national ! Immense vedette. EnoOORme  star du box-office du cinéma français des années 60-70 et une partie des années 80 (il cumule quasi à lui tout seul 130 millions d’entrées). Avec les Louis de Funès et Bourvil, ses « pères » Jean Gabin et Lino Ventura, son « frère » (et un peu rival à une époque !) Alain Delon, sa p’tite soeur Annie Girardot ou une Marlène Jobert ou un Pierre Richard (sur moins d’années). Epoque bénite où « le prochain Belmondo » était annoncé un an à l’avance dans les cinémas et financé  par les exploitants. Belmondo commença à pratiquer la boxe amateur puis bifurqua, en 1950, vers le théâtre où il rentra dans le cours de Raymond Girard avec qui il prépara le concours du Conservatoire. Il échoua par 2 fois et ne fut admis qu’en 1952 dans le cours de Pierre Dux (qui ne croyait pas une seconde au talent du jeune comédien). C’est au Conservatoire que Belmondo rencontra Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Pierre Vernier, Bruno Crémer ou Michel Beaune. Il débuta au cinéma « timidement » à partir de 1956 avec Marc Allégret ou Marcel Carné, s’envola véritablement avec Claude Chabrol  dans « A double tour«  ( ils tourneront ensemble, plus tard,« Docteur Popaul » avec Mia Farrow,  qui reste le plus gros succès de Chabrol au box-office) et surtout avec  Jean-Luc Godard dans le cultissime « A bout de souffle » en 1960 (il avait joué dans son premier court-métrage). Il enchaine ensuite avec Claude Sautet (« Classe tous risques » avec Lino), Louis Malle (« Le Voleur », magnifique, vient de ressortir en salles), François Truffaut (« La Sirène du Mississipi » avec Catherine deneuve), Melville (« Léon Morin, prêtre »; « Le Doulos »; « L’Ainé des Ferchaux »); Peter Brook (sis si « Moderato cantabile » sur un scénar de Marguerite Duras); Jean-Paul Rappeneau (« Les Mariés de l’an II »); Alain Resnais (« Stavisky »), Claude Lelouch (« Un homme qui me plait »; « Les Misérables »). Compagnon de route de la Nouvelle Vague dés le début (sa liberté de jeu et son aisance faisait merveille avec l’esprit  de ces « nouveaux hussards »), Belmondo la délaissa progressivement lorsqu’il  joua dans « Un singe en hiver » d’Henri Verneuil, en 1962, au côté du  » Vieux » (Jean Gabin), devenant une immense vedette et s’installant définitivement, dans le Star-Système. Avec son complice Philippe de Broca, il va « gouter » à ses premières cascades dans « Cartouche » (qu’il effectuera quasiment toutes jusqu’à sa retraite…à ses risques et périls d’ailleurs !). Ils feront ensemble « Les Tribulations d’un chinois en Chine »; « L’Homme de Rio »; « Le Magnifique », « L’Incorrigible » (un de mes préférés: « une douzaine d’huitres ! une bouteille de muscadet !…une heure après vous êtes à la maison ! ») et « Amazone » en 2000 (un four intégral ! avec Arielle Dombasle).Ca y’est !  La recette est concue: décontraction, humour, dialogues souvent sous la houlette de Michel Audiard, cascades, pitreries, un copain pas loin et accompagné  toujours d’une belle louloute ! Les Chefs de cuisine, Henri Verneuil (« Mille milliards au soleil », « Week-end à Zuydccoote »« Le Casse » avec Omar Sharif  tourné à Athènes, « Le Corps de mon ennemi », « Peur sur la ville » avec la célébrissime cascade sur le toit d’un métro où Bébel a failli perdre la vie, « Les Morfalous » (avec Jacques Villeret); Jean Becker (« Tendre voyou »« Un homme nommé La Rocca »); Gérard Oury (« Le Cerveau » avec Bourvil et David Niven, « L’As des As »); Georges Lautner (« Flic ou Voyou »; « Le Guignolo », « Le Professionnel », « Joyeuses Pâques » avec la belle Sophie ! et le remake du fillm d’ Henri Decoin « L’Inconnu dans la maison » sans cascades pour le coup), Philippe Labro (« L’Héritier »« L’Alpageur »  avec Bruno Crémer) ou Jacques Deray (« Borsalino » avec Delon, « Le Marginal », « Le Solitaire ») n’avaient plus qu’à sortir les ingrédients et les casseroles. Sauf qu’à la fin, ce fut poussif: un peu réac, anti-gauchiste primaire, plus drôle, Belmondo « s’auto-pariodant ». On regrettait les films d’auteurs dans lesquels il alternait dans les années 60. Heureusement que Bébel a retrouvé, en 1988, son potos Lelouch dans « L’Itinéraire d’un enfant gâté », le théâtre avec son vieux complice Robert Hossein et Bernard Murat (il a aussi acheté en 1991 le théâtre des Variétés) jouant Alexandre Dumas (« Kean »), Edmond Rostand (« Cyrano ») ou Feydeau (« Tailleur pour dame » ou « La Puce à L’Oreille). Les retrouvailles avec Delon, en 1998, dans « Une Chance sur deux » furent ratées par la faute de Patrice Leconte et de son producteur, Christian Fechner (pourtant quel producteur !), la présence de Vanessa Paradis ne pouvant rien faire contre l’absence de scénario. Par contre, Cédric Klapisch l’a fait tourné dans « Peut-être »,en 1999, avec Romain Duris, Géraldine Pailhas, Emmanuelle Devos, Olivier Gourmet et c’est plutôt une agréable surprise (dommage que le Paris sous le sable soit un peu « carton-pâte) . Et puis, malheureusement, le destin a voulu que Bébel ait un AVC en 2001 en Corse pas loin de son « vieux frère » Guy Bedos. Il est, depuis, extrêmement diminué, marchant  et s’exprimant difficilement (Cannes lui a rendu, cette année, un hommage triomphal ). L’artiste a fait un dernier tour de piste en 2009 dans le remake du film néo-réaliste italien « Umberto D » de Vittorio de Sica, rebaptisé« Un homme et son chien », un  nanar de chez nanar que l’on doit à Huster (merci Francis !). Tant pis, en tout cas, cher Monsieur Belmondo, on vous doit de belles interprétations dans des grands films et quelques moments de franche rigolade ! Merci.

Cest qui ???…sa nouvelle infirmière ?!!???

Culte 2, le retour !

Hello les wouinwouins,

Tétard Volcanique, mon Boss, n’a visiblement pas compris ou a feint de ne pas comprendre la démarche de mon article « Culte !« . J’avais, semble-t-il, pris des précautions en soulignant que la part de subjectivité et le goût personnel étaient relatifs et que le nombre d’entrées n’était pas un critère pour définir un film culte.Qu’il était surtout générationnel voir plus si « un bouche à oreille » des anciens se créait sur les jeunes. Il y a eu évidemment des oublis (certains sont volontaires genre Carpenter et son Big-band because c’est pas ma crémerie et que c’est du « sous-cinéma » !) mais j’avais fini l’article en m’excusant auprès de nombreux metteurs en scène liés à des films que je considère comme cultes. Et je n’ai cité exclusivement qu’un film de leur carrière. Tétard Volcanique n’a pas compris (comme souvent), est tombé bassement dans le traquenard. Décevant comme toujours. Donc, je vais changé mon « fusil d’épaule » en vous proposant une liste d’une quatre vingtaine de cinéastes/metteurs en scènes/réalisateurs/ »bons faiseurs » reconnus, de toutes nationalités, vivants ou non, aux styles souvent différents, associés avec 3 films de leurs filmographies (en ignorant souvent les choix de mon Boss). Sont-ils pour certains cultes ?… ou tout simplement un classique, un grand ou bon film … à vous de me le dire !

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Eric « grand momo » Rohmer

Salut les costauds,

Je voudrais revenir sur la mort de Eric Rohmer, survenue il y a un an, le lundi 11 Janvier 2010, à l’aube de ses 90 ans. Maurice Schérer est né le 21 Mars 1920 à Tulle. Il devint professeur de lettres délégué en 1944 et publia,deux ans plus tard, chez Gallimard, un premier roman (« Elisabeth »), sous le pseudonyme de Gilbert Cordier (…comme le Commissaire !). A partir de 1948, il s’occupe d’un ciné-club du Quartier Latin, rue Danton, où il est chargé d’organiser les débats et de diriger le bulletin.


Il recrute deux cinéphiles: Jacques Rivette puis le suisse Jean-Luc Godard. Schérer est l’aîné de 8 à 10 ans. Il publie un long article, en juin 49 ( « Du cinéma, art de l’espace »), dans la prestigieuse « Revue du cinéma ». Il est invité, en 1949, avec ses deux comparses, au Festival du Film maudit, à Biarritz, où ils font la connaissance d’un jeune garçon de 17 ans, François Truffaut.


Maurice Schérer fait parti, dés 1951, des premiers numéros des « Cahiers du cinéma » où il rencontre le potache Claude Chabrol qui lui colle le surnom de « grand momo ». Tout en s’essayant aux courts-métrages, il décide en 1955, de s’appeller Eric Rohmer (pseudonyme composé par anagramme). En 1959, il tourne son premier long-métrage, « Le Signe du lion » ( mais après Chabrol et Truffaut, en 1957, et Godard, en 1958), mais n’a pu le sortir qu’en 1962. C’est la même année où il fonde, avec Barbet Schroeder, une maison de Production (qui existe toujours) « Les Films du Losange ».

Eric Rohmer était un vrai indépendant. Ses films « cartonnaient » à l’étranger ( il était très connu aux USA, dans le réseau « cinéphilique » et universitaire). Il faisait partie du club très fermé des Cinéastes français qui s’exportent( comme Alain Resnais; Claude Chabrol; Jean-Luc Godard; Bertrand Tavernier; Claude Lelouch; François Ozon… et aussi F. Veber; J.J. Annaud; et maintenant les Productions Besson).

Il tournait en équipe « très légère ». Il était très soucieux des budgets. Avant de lançer un film en Production, il recevait les Vendeurs de Films à l’Etranger pour leur expliquer son nouveau projet ( ce qui était très rare dans les années 80-90).

Avec « Le Rayon vert », il a été le premier a diffusé son nouveau film, en avant-première sur Canal +, avant de le sortir en salles. Il a tourné beaucoup en 16mm; a été un des premiers à utiliser le numérique. A découvert Fabrice Luchini; Arielle Dombasle (sic !). « Ma Nuit chez Maud », « Le Genou de Claire »; « Les Nuits de la Pleine Lune » sont considérés, pour beaucoup, comme « cultes » !. Il faisait parti ,de ce qu’a nommée Françoise Giroud le 3 octobre 1957 dans l’Express, « la nouvelle vague ».

Il avait un « ton » qui pouvait agaçer (moi le premier !) et un jeu horipilant des Comédiens . J’étais pas fan mais avoue n’avoir vu que 2 films (…et j’étais gamin !) et ne franchement pas le connaître. En tout cas, c’était un vrai artisan du cinéma et ça c’est respectable.

Bye les loulous.