en vrac 129-130-131: spécial Claude Pinoteau

Salut les loulous,

« Inadmissible !« ; « Scandaleux ! »;  » ….de l’escroquerie !!! ». Oui oui oui !!!! Tout ça est vrai et je ne peux que m’excuser platement. Je n’ai effectivement pas été foutu d’honorer mon rendez-vous dominical, mon seul argument étant mon activité professionnelle (du côté de Marseille) qui m’accapare la quasi-totalité de mes journées. Bref !!!!... »en vrac » revient et j’espère qu’il vous satisfera.

« étasoeur… » est en deuil, JE suis en deuil !! Le cinéaste Claude Pinoteau nous a quitté, vendredi, à l’âge de 87 ans. « Qui était Claude Pinoteau ??? Un honnête technicien-faiseur des années 70-80-et un peu 90 ??? ». Ouais…un peu rapide et réducteur ! Je dirais plutôt un vrai artisan et un enfant de la balle qui a biberonné dés son enfance sur les plateaux de cinoche grâce à son père qui fut régisseur puis directeur de production Il donna rapidement le goût et le virus » à ses 2 fils: Jack à la réalisation et Claude, d’abord aux accessoires puis à l’assistanat. Le premier se distingua par le film « Le Triporteur «  et le second fut l’assistant « star et le meilleur de la place de Paris » durant de nombreuses années (d’Henri Verneuil à Max Ophuls en passant par Lelouch et de Broca) avant de passer à la réalisation, en 1973, avec « Le Silencieux » puis l’année suivante, avec « La Gifle », tous deux avec Lino (ce dernier film étant son meilleur, à mon avis, qui révélera au grand public la talentueuse Isabelle Adjani et Francis Perrin aux côtés d’Annie Girardot et de Georges Wilson). Suivirent  « Le Grand Escogriffe » (avec Montand et Brasseur), « L’Homme en colère »; les « Boum » (ouais !!!!!!!!!) et le dernier film de Ventura « La Septième cible » aux côtés de Jean Poiret, Léa Massari et Elisabeth Bourgine (qui remplaça « au pied levé » Sophie Marceau 3 jours avant le tournage ); « L’Etudiante »; « La Neige et le feu », « Cash-cash » et l’adaptaion de la pièce à succès, « Les Palmes de monsieur Schultz », son dernier film, avec Noiret et Huppert. Très sérieux, cet amateur de polars a su « trouver » de la fantaisie auprès de Jean-Louis Dabadie puis, plus tard, de Danièle Thompson. On lui doit  « d’avoir lançé » Adjani au cinéma (pas au théâtre car elle était déjà très connue) mais surtout et avant tout Sophie Marceau. C’est Pinoteau qui la choisit parmi les centaines de jeunes adolescent qu’il castât pour « La Boum ». On l’ a oublié mais ce fut « un véritable phénomène de société » à sa sortie, qui fit des millions d’entrées. Votre serviteur tomba « llittéralement amoureux » de la môme Marceau et voulait avoir comme parents Brigitte Fossey et Claude Brasseur. Je vous dis pas combien de fois je me suis passé le disque !…et rebelote deux ans après pour la suite !! Sophie Marceau ne lui sera pas reconnaissante sur le moment et plantera son papa de cinéma au profit de son compagnon de l’époque, le cinéaste Zulawski. Elle devra un film à la Gaumont et retrouvera Pinoteau dans ‘L’Etudiante’ avec Vincent Lindon mais le charme et le goût n’y étaient plus (il faut tout de même dire que le film est pas bon !!!). Vrai réalisateur populaire, au bons sens du terme, il était au service de ses acteurs et de ses scénaristes. Comme on le disait dans le temps, probablement un honnête homme.

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en vrac 128 – spécial Pierre Mondy

Salut les loulous,

« en vrac » est en deuil et sera principalement consacré au décès de Pierre Mondy.

Pierre Cuq, né le 10 février 1925 à Neuilly-sur- Seine, dit Pierre Mondy est donc mort hier matin à 87 ans. Plus de soixante de carrières: sur les planches, au cinéma et à la télévision en tant qu’acteur ou à la mise en scène. Il est parti rejoindre ses potes Serrault, Poiret; Maillan; Lamoureux, Simone et Montand. Il a tourné avec Jean Becker (« Rendez-vous de juillet »); Abel Gance (« Austerlitz » où il interprétait Napoléon); Henri Verneuil (« Week-end à Zuydcoote » avec son pote Belmondo); « Yves Robert (« Bébert l’omnibus »; « Les Copains ») ou Molinaro (« Le téléphone rose »). Il a mis en scène au théâtre  « Oscar » avec de Funès; « La Cage aux folles » (jouée durant des années dont cinq par Poiret et Serrault); « Lily et Lily » avec Jacqueline Maillan; « Le Dîner de con » que Villeret jouera 3 ans et demi; des Feydeau…et j’en passe et des meilleurs !! J’ai eu la chance de travailler avec lui sur 2 épisodes des « Cordier, juge et flic » pour Tf1 (série qui dura 13 ans) et ai pu apprécier sa grande culture (notamment sur le jazz et le polar), sa gentillesse, son humour taquin et un sens incontestable du rythme. Combien de fois a-t-il sauvé une scène extrêmement mal écrite et pas crédible en proposant d’inverser une réplique où d’y caser un silence. Très soucieux de ses partenaires, il avait le sens de la troupe et en était le meneur s’en la ramener. Très populaire, pour entre autres, la série « La Septième Compagnie » de Robert Lamoureux, il a cotoyé régulièrement les succès voir les triomphes. Je resterai sur ce souvenir: je le ramenais en voiture chez lui, du côté du Trocadéro, le pianiste Oscar Peterson passait sur Jazz à Fip, Pierre Mondy m’en parla durant tout le trajet me conseillant tel album à écouter. Grande classe !!! Tchao Pierrot.


Montand

Hello les loulous,

Ivo Livi dit Yves Montand nous quittait, il y a 20 ans pile aujourd’hui, le 9 novembre 1991. Il venait d’avoir 70 ans, le 13 octobre. Quel carrière ! Chapeau l’artiste. Immense vedette internationale, lui. Qui a connu les plus belles scène de Broadway,San Francisco Rio, Mexico, Moscou ou Paname. Tout comme un de ses modèles Charles Trenet, Aznavour, sa « mentor/coacheuse-pygmalione/1ère vraie amoureuse » Edith Piaf (qui lui a donné confiance et certaines « clefs » du métier de chanteur). Ou comme Simone Signoret (« sImôneU ! », rencontrée à « La Colombe d’or » à Saint-Paul de Vence où Jacques Prévert avait une maison), sa femme, « sa moitié », « son épaule ».Eux deux ont tourné à Hollywood (Signoret a reçu un Oscar… comme Juliette Binoche et Marion Cotillard). Ils sont vraiment pas nombreux les frenchies à pouvoir s’en vanter. Montand a tourné avec Marilyn…LA Marilyn dans le film de Georges Cukor, « Le Milliardaire ». Ils se sont d’abord littéralement dévorés des yeux avant de succomber à….wouaahh !!!

Quel parcours pour ce fils d’émigrés d’une famille paysanne de Toscane, les Livi, contraint de fuir l’Italie de Mussolini et son régime fasciste (le papa était communiste), pour rejoindre Marseille et s’installer dans un de ses quartiers les plus pauvres. Les Livi vont connaître le racisme et seront traités « de ritals ». Le petit Ivo a une jolie voix (comme la mAmma !), se passionne rapidement pour le cinéma et spécialement les comédies musicales et tout particulièrement  celles de son idole, Fred Astaire et ses numéros de claquettes légendaires (à qui il rendra « hommage » 40 ans plus tard, devant lui, sur la scène des Oscars…très drôle d’ailleurs !). Surnommé le Charles Trenet marseillais, Ivo Livi devient Yves Montand et sera un des plus grands chanteurs de France et du monde (il pouvait « tenir » 7 mois à « guichet fermé » au Théâtre de l’Etoile). Travaillant comme un besogneux, répétant mille fois un geste ou un pas de danse, faisant de la barre tous les jours jusqu’à épuisement. Il menait la vie dure à ses musiciens (dont son pianiste-arrangeur-confident-souffre douleur Bob Castella). Il avait beaucoup d’affection pour son guitariste Henri Crolla (« mon Riton ! »), qui était un proche de Django Reinhardt, décédé en 1960. Il a travaillé aussi bien avec le pianiste Maurice Vander qu’avec l’harmoniciste Jean-jacques Milteau. Dans le magnifique documentaire » Ivo Livi, dit Yves Montand » de Patrick Rotman,diffusé sur France 2 hier soir (3 288 000 téléspectateurs), on voyait très bien que Montand était un grand traqueur et un angoissé. Il pouvait répéter chez lui, en Normandie dans sa maison d’Autheuil, jusqu’à 10 heures par jour avec ses musiciens. Obstiné, maladivement perfectioniste, il « ne lâchait rien » quitte à être colérique et de très mauvaise fois. Mais voilà il EST un VRAI artiste de music-hall: chant, danse et comédie. Prévert, Kosma, Marguerite Monod, Francis Lamarque, Loulou Gasté (« ooh mon LoUlOU !!! »), Castella, Crolla, Hubert Rostaing ont écrit et/ou/ composé et/ou arrangé des dizaines de chansons pour lui (« Les Plaines du Far-West » son premier tube; « Les Grands Boulevards »,; « A Paris »; « A bicyclette »; « Battling Joe »; « A pied »; « Le jazz et la java »; « Duke Ellington »; « C’est si bon »; « Syracuse »; « La chansonnette »; « Revenant de l’école »; « La vie en rose »; « L’âme des poètes »; « Sa jeunesse »; « Mon manège à toi »….). Il reste pour moi le meilleur interprête des « Feuilles mortes » (voir ou écouter le récital de l’Olympia 1981 où le public lui réclame chaudement la chanson !). Un regret pour ma part, Montand avait annonçé son retour sur scène, à Bercy pour l’automne 1992, hélas il a cassé sa canne et je l’ai eu dans le baba.

Voilà pour la facette « chanteur-danseur », mais n’oublions pas que Montand tourne depuis 1944. Au compteur, déjà une bonne quinzaine de films (dont « Le Salaire de la peur » d’Henri-Georges Clouzot avec Charles Vanel; « La Loi » de Jules Dassin; « Le Milliardaire » de Cukor), mais c’est à partir surtout de 1964-65, une lassitude de la chanson se faisant ressentir, que Montand se tourne prioritairement vers le cinéma. C’est avec Costa-Gavras dans « Compartiment de tueurs » que les choses cinématographiques sérieuses ont commençé pour Montand.Ils feront ensemble, avec le scénariste Jorge Semprum, excusez du peu, « Z » et « L’Aveu » d’après le roman d’Arrtur London.Le cinéaste retrouvera son acteur fétiche pour « Etat de siège » et « Clair de femme » au côté de Romy Schneider. Montand a tourné avec Resnais (« La Guerre est finie »), a fait partie of course de « Paris brûle t-il ? » de René Clément,   a fait confiance, en 1976, au jeune Alain Corneau avec qui ils tourneront 3 films (l’épatant « Police Python 357 », tourné en Sologne avec Simone Signoret et François Perrier; « La Menace » tourné au Canada et le remarquable « Le Choix des Armes » avec Depardieu, Galabru, le jeune Gérard Lanvin et la somptueuse Catherine Deneuve), Deneuve qu’il retrouvait après le cultissime « Le Sauvage » de Jean-Paul Rappeneau, avec qui il tournera, en 1981, « Tout feu, tout flamme » avec Isabelle Adjani. Personnages souvent cabots, forts en gueule, généreux, égocentriques, drôles, menteurs, parfois roublards, « toujours en mouvement » et « prenant de la place » (« Le
Diable par la queue »
de Philippe de Broca; « César et Rosalie » et « Garçon » de Claude Sautet (l’acteur a demandé  au réalisateur et au scénariste Jean-Loup Dabadie que le personnage de Jacques Villeret ne « lui pique pas la vedette »)« Le Grand Escogriffe » de Claude Pinoteau avec
Claude Brasseur; « La Folie des Grandeurs » de Gérard Oury…). Plus ombrageux avec ses failles et ses contradictions sont ses rôles dans « Vivre pour vivre » de Claude Lelouch avec
Annie Girardot et Candice Bergen, « Vincent, François, Paul et les autres » du toujours Claude Sautet, « Trois places pour le 26 » de Jacques Demy (« biopic » sur la vie de Montand sous forme de retour de la star à Marseille pour un spectacle sur sa vie) ou « IP5 » de Jean-Jacques Beineix (film très critiqué à l’époque avec une polémique dégueulasse où le réalisateur fut « soupçonné » d’avoir « provoqué » la mort de Montand décédé à l’hôpital de Senlis suite à un tournage de nuit en forêt avec baignade sur un étang). Et puis et puis et puis, il y a eu le Papet dans « Jean de Florette » et « Manon des Sources » de Claude Berri avec Daniel Auteuil et Gérard Depardieu, d’après l’oeuvre de Marcel Pagnol….GRANDIOSE et MAGNIFIQUE !!! Merci Monsieur Montand pour cette carrière fabuleuse (certains ont même cru que vous alliez devenir Président de la République !) , espèrant que le temps ne vous oubliera pas auprès des nouvelles générations.