Corneau: noir à la française.

Salut les kids,

Alain Corneau, cinéaste français, est décédé, hier matin, à l’âge de 67 ans par un cancer (Dupontel a encore frappé !). Son dernier film, « Crime d’Amour » (le 16ème + 1 téléfilm « Afghanistan, le pays interdit »-1987, avec Michel Blanc, dans la série « Médecins des hommes » produite par Jacques Perrin),  est en salle depuis 15 jours. Assistant, entre autres, de Costa-Gavras sur « L’Aveu » (où il rencontra Montand) ou de Nadine Trintignant (avec qui il partagea sa vie), Corneau se lança dans la réalisation avec « France. Société anonyme »en 1974. Sa carrière décolla réellement avec ce qui allait devenir sa marque de fabrique: les polars-films noirs. Avec Yves Montand qu’il mettra 3 fois en scène (« Police Python 357« -1976; « La Menace« -1977; « Le Choix des Armes »-1981), ou avec, probablement ce qui est son chef d’oeuvre « Série Noire » (1979) où Dewaere y est tout simplement prodigieux (les scènes avec Bernard Blier sont magnifiques. On sent clairement le choc de deux générations d’acteurs, aussi bien dans leurs styles comme dans leurs phrasés). Fou de jazz (il était batteur-amateur dans sa jeunesse), des USA (il a grandi, dans le Loiret, à côté d’une base américaine), de romans policiers (« Série noire » est adapté du roman de Jim Thompson), cinéphile passionné et eclectique (Don Siegel, Melville, Johnnie To…), Alain Corneau a su transcrire les atmosphères, les paumés ou les gangsters de la culture urbaine américaine à celle des villes françaises (Orléans, Nanterre…), avec nos acteurs à nous, « élevés aux grains et en plein air » ( , Montand, Signoret, François Perrier, Depardieu, Deneuve, Lanvin, Galabru, Anglade, Guy Marchand, Ludivine Sagnier…). Il n’a jamais abandonné le polar et a pu réalisé en 2007 son vieux rêve: le remake de « Le Deuxième Souffle » de Jean-Pierre Melville avec Daniel Auteuil dans le rôle de Lino Ventura (euuhh…quel drôle d’idée !), Dutronc et Monica Bellucci (en blonde, ridicule !).

Il a très bien raconté ses amours et ses passions de jeunesse dans le très joli film, « Le Nouveau Monde » (1995).

Mais réduire Alain Corneau comme simplement un spécialiste du polar est réducteur et injuste (je sais qu’en France on aime « coller des étiquettes » aux gens). Il s’est essayé, avec plus ou moins de bonheur, au film romanesque (« Fort Saganne« –1984…ah la belle Sophie …), au film initiatique-en quête de soi (« Nocturne indien »-1989), au film d’époque sur le joueur de viole de basse Marin Marais, initié par Sainte-Colombe (« Tous les matins du monde »-1991, un énorme succès public, avec Jean-Pierre Marielle et les Depardieu père-fils), ou à la comédie (« Le Prince du Pacifique« -2000, très mauvais, avec Thierry Lhermitte et Patrick Timsit). J’ai beaucoup aimé « Stupeur et Tremblements » (2002), avec Sylvie Testud, adapté du roman d’Amélie Nothomb.

Mais je dois avouer avoir un faible pour ses polars-films noirs (en fait, je dois, moi aussi, aimer les étiquettes). Combatif et jouant « collectif », Alain Corneau manquera au cinéma français.

La bise les loulous.

2 réflexions sur “Corneau: noir à la française.

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