Blier jr

Salut les baltringues,

« Le bruit des glaçons » est le 19ème film de Bertrand Blier. C’est avec deux de nos meilleurs acteurs du moment: Jean Dujardin et Albert Dupontel. Après les DeDe (Dewaere/Depardieu), voici les DuDu. Ils ont chacun la côte. Dujardin est extrêmement populaire (il est « bankable »!), ils sont tous les deux « cinéphiles », s’apprécient dans la vie, aiment profondement « Les Valseuses », « Calmos », « Buffet froid », « Tenue de soirée » et la verve de Blier. Leurs notoriétés ont contribué aisement à trouver le financement. Le cinéaste ayant plus de difficultés « à monter » ses films ces dernières années (il n’est pas le seul d’ailleurs).

C’était donc avec une grande joie que je me suis rendu hier au cinéma. J’ai longtemps considéré Bertrand Blier comme un metteur en scène majeur du cinéma francais: son insolence, son ton, des nouvelles tronches, sa poésie, ses mots, les paumés, les voyous, les marginaux, la campagne, les HLM, les dunes des plages, le violon de Grappelli.

De plus, il filmait souvent en scope et s’entourait de grands chefs opérateurs ( de Bruno Nuytten à Philippe Rousselot en passant par Pierre Lhomme).

Il a vraiment créé un langage à lui comme Michel Audiard en avait inventé un pour Blier père, par exemple.

Mais depuis « Trop belle pour toi » (1989), je me suis lassé et je trouve que c’est de moins en moins drôle (excepté quelques passages dans « Les Acteurs »-2000) et de plus en plus moche.

Malheureusement, à la sortie de la projection, « Le bruit des glacons » n’a pas fait remonter le réalisateur dans mon panthéon personnel. Rien de subversif. C’est poussif, morbide, ennuyeux, bavard et d’une laideur effrayante.Dujardin et Dupontel sont bons, heureux d’être là, prenant un plaisir manifeste à dire les mots de Blier mais on s’emmerde. C’est de la redite, vu et revu cent fois chez l’auteur. Le seul côté positif est d’avoir « désacraliser » le cancer: en effet, Dupontel interprète le « crabe » de l’écrivain (joué par Duduj) qui va mourrir à « petit feu ». Je trouve cela gonflé et salutaire (d’ailleurs le film est soutenu par la Ligue du Cancer).

Voilà. Désolé, ces messieurs, de vous décevoir. J’aurais vraiment voulu aimer ce film. La prochaine fois peut-être.

La bise.